OBSERVATIONS ANALOGUES EMPRUNTÉES AUX AUTEURS
OBSERVATION IIfme
Section du cartilage de la septième côte et de la branche externe de l’artère mammaire interne par un morceau de verre. — Hémorrhagie extérieure. — Compression. — Guérison (CHOPART).
Un enfant tombe sur une bouteille, qui se brise ; un fragment de verre coupe le cartilage de la partie inférieure de la poitrine, au niveau de la septième côte, et intéresse la branche externe de l'artère mammaire interne, à l’endroit où ce vaisseau se bifurque. La plaie n’était pas pénétrante ; le sang coulait au dehors. Ne pouvant faire la ligature du vaisseau, Chopart eut recours à la compression; il enfonça de la charpie entre les bords de la division des cartilages, et arrêta ainsi l’effusion du
sang. L'enfant guérit facilement, mais le cartilage s’exfolia.
On voit, par l'observation de Chopart, que la lésion d’une branche artérielle, qui forme au plus la moitié du tronc de la mammaire, a produit une hémorrhagie assez considérable pour exiger l'intervention de l’art. La plaie n’étant pas pénétrante, l’hémorrhagie n’a pas eu de conséquence funeste ; la compression exercée directement sur le vaisseau a empèché le sang de s’épancher dans le tissu cellulaire et de s'étendre vers le médiastin.
Een
OBSERVATION IVe
Coup de sabre, section du cartilage de la septième côte et de l'artère mammaire interne, du côté droit. — Épanchement du sang dans la plèvre et dans le péricarde. — Occlusion de la plaie. — Accidents divers. — Guérison (LARREY).
Un soldat, d’une constitution athlétique, reçoit, en janvier 1828, un coup de sabre de fantassin, à la partie moyenne inférieure et latérale droite de la poitrine. La pointe traverse le cartilage de la septième côte, près du sternum, coupe l’artère mammaire interne, ouvre le sac des plèvres sans entamer le poumon, traverse obliquement une partie du médiastin et pénètre dans le péricarde. Il y eut, à l'instant, une hémorrhagie considérable, qu’on arrêta par la compression de la plaie. Le malade était dans les angoisses de la mort; tout indiquait un épanchement du sang dans la plèvre et dans le péricarde. Après divers orages, qui firent craindre qu’on ne fût obligé d’avoir recours à l’empyème, la résorption s’opéra, secondée
par l'influence des ventouses scarifiées et des moxas.
Cette observation montre que l’hémorrhagie produite par la lésion de l’artère mammaire interne peut s’arrèter spontanément, par suite de l’occlusion de la plaie; mais, en même temps, elle fait voir la gravité des accidents qu’entraine une pratique qui favorise l’accumulation du sang dans le thorax. Le sang versé par la mammaire, ne trouvant pas d'écoulement au dehors, à rempli le sac de la plèvre et parait même avoir pénétré jusque dans la cavité du péricarde.
OBSERVATION Ve
Coup de baïonnette. — Blessure de l'artère mammaire interne droite, au-
dessous du cartilage de la deuxième côte. — Épanchement dans le thorax. — Accidents graves. — Empyème. — Guérison (VALENTIN).
Un soldat, âgé de 30 ans, reçoit un coup de baïonnette au-dessous du cartilage de la seconde côte, à droite, très près du sternum ; la plaie a à peu près une ligne et demie de longueur ; il en sort quelques gouttes de sang ; le blessé n’en rejette point par la bouche. Dès le début, l’oppression est extrême; on pratique trois saignées en quarante-huit heures. Le troisième jour, du pus sanguinolent, mêlé d’air, s'échappe de la plaie. Tout indique un épanchement thoracique, dont la source est l’artère mammaire interne droite, lésée à l'endroit où son calibre est le plus fort. L'origine du vaisseau à droite, sa position par rapport au sternum et au cartilage des deux premières côtes, ne laissent aucun doute à cet égard. Une ecchymose bleuâtre parait au thorax, la dyspnée augmente, les yeux sont ternes, les membres froids ; le sixième jour, la mort paraît imminente. Valentin pratique l’opération de l’'empyème, entre la troisième et la quatrième fausse côte, en comptant de bas en haut ; il s'écoule deux pintes de sang mêlé de sérosité : le malade est singuliêrement soulagé. Plus tard il sort de la plaie un pus fétide ; on fait des injections d’orge miellée, on introduit des bandelettes ; le soixante-quatrième jour, on les supprime : le suintement s'arrête ; le malade sort du marasme. Au bout
de trois mois, il a rejoint son corps.
Tout indique que dans cette observation, la lésion de l'artère mammaire interne a été l'unique source du sang épanché dans le thorax. Aucun symptôme n’annonçait la blessure du poumon. L’artère n'a pas été liée; la compression produite par l’hémorrhagie interne a suffi pour
oblitérer le vaisseau, mais l’épanchement dans le thorax a été l’origine d'accidents redoutables ; l’empyème seul a sauvé le malade. Si la ligature du vaisseau avait pu être pratiquée en temps utile, on eût sans doute rendu la guérison plus facile, en diminuant la quantité du sang épanché.
OBSERVATION Vin:
Coup de feu. — Lésion de l'artère mammaire interne au niveau du cartilage de la quatrième côte. — Thorax traversé de part en part. — Hémorrhagie interne. — HEmpyème consécutif. — Guérison. —
(SAUCEROTTE).
Un gendarme, Dauphin, reçut, le 12 avril 1786, un coup de pistolet au côté gauche de la poitrine. La balle fractura le cartilage de la quatrième côte, à un pouce du sternum; elle traversa le thorax de part en part et fut extraite en arrière, entre l’épine du dos et l’omoplate, dans l'intervalle de deux côtes. Le blessé fut saigné plusieurs fois. Il survint, le troisième jour, une hémorrhagie grave par une des branches de l’artère mammaire interne. Un épanchement si considérable se fit dans le côté gauche de la poitrine, qu’au cinquième jour, le malade faillit étouffer. On le soulagea en le faisant incliner fortement et en évacuant par la plaie une pinte de sang altéré; cette manœuvre fut répétée plusieurs jours de suite. Le dix-huitième jour, Saucerotte pratiqua l’empyème au lieu d'élection ; il sortit de la poitrine une pinte d’un sang très fétide couleur lie de vin; les jours suivants, l'écoulement continua. Le cent-neuvième jour, un lambeau de chemise fut extrait par l'ouverture de l’empyème ; peu à peu, la
suppuration diminua ; la guérison était complète le cent-quarantième jour.
Dans lobservation de Saucerotte, la blessure de l’artère mammaire interne accompagnait une grave lésion du pou-
mon, compliquée de la présence d’un corps étranger dans la plèvre ; mais cette blessure a notablement augmenté le péril, en devenant la source d’un épanchement du sang considérable. L’artère mammaire avait été ouverte par une balle; cette circonstance n’a pas empêché l’hémorrhagie, qui s’est faite le troisième jour, après la chute de l'eschare.
OBSERVATION VIlme
Coup de couteau. — Section du cartilage de la quatrième côte. — Lésion probable de l'artère mammaire interne, de l’intercostale et du poumon. — Epanchement dans la plèvre. — Empyème. — Guérison (RAYBARD).
Le 1er février 1833, un homme de 40 ans reçoit un coup de couteau à la partie antérieure droite de la poitrine ; l’arme pénètre entre les cartilage de la troisième et de la quatrième côte, en coupant très obliquement ce dernier. La plaie a 53 millimètres de longueur ; le sang coule au dehors et dans le thorax ; le malade expectore un sang rouge et écumeux. La dyspnée et la faiblesse sont extrèmes. On croit à la lésion de la mammaire interne et de l’intercostale ; on n’essaie pas de les lier, ni de donner une issue immédiate au sang épanché, parce qu’on redoute que lhémorrhagie ne vienne aussi d’un gros vaisseau. On attend, l’hémorrhagie s'arrête; quelques jours plus tard, des signes de pleurésie se manifestent, la résorption de l’épanchement ne s’effectue pas. M. Raybard pratique l’empyème au lieu d'élection, en se servant de sa canule à soupape : deux litres et demi d’un sang fétide s’écoulent de la poitrine. La suppuration continue, la pleurésie se complique d’un état typhoïde ; mais, du douzième au quinzième jour, l’amélioration se prononce; le
malade est guéri le trente-cinquième jour.
SGA
Ici encore, l'hémorrhagie s'est arrêtée sans ligature: les suites de l'épanchement ont été graves, et le malade n’a dù la vie qu'à l'opération de l’'empyème.
OBSERVATION VIlIIme
Coup de feu. — Lésion de l'artère mammaire interne au niveau de la troisième et de la quatrième côte. — Blessure du poumon. — Hémorrhagie pleurale. — Mort en quarante-huit heures (BONNET).
Un homme reçut une balle, qui entra dans le thorax, en fracturant les troisième et quatrième côtes gauches; elle effleura le poumon et déchira l’artère mammaire interne. Le blessé mourut au bout de quarante-huit heures ; on trouva deux litres de sang dans la cavité de la
poitrine.
Ce ïiait est encore un exemple d’une hémorrhagie par l'artère mammaire interne, à la suite d’une plaie d’arme à feu. L'observation est trop sommaire pour qu’on puisse déterminer avec certitude la part qui revient à la lésion de ce vaisseau. Le blessé ayant succombé en peu d’heures, il est vraisemblable que la mort à été le résultat de l'asphyxie produite par l'accumulation du sang dans le thorax.
OBSERVATION IXme
Coup d'épée. — Artère mammaire interne divisée entre la première et la deuxième côte. —- Lésion du poumon et de l'artère intercostale. Epanchement dans le thorax. — Empyème. — Pleurésie chronique. — Ecarts de régime. — Mort (LARREY).
Un grenadier, d’une constitution athlétique, reçut, en duel, le
7 septembre 1818, un coup d'épée de cavalier, qui traversa le thorax