‹ Étude sur la blessure des vaisseaux mammaires internesChapitre 20 sur 22 · NOD · texte numérisé non relu

NOD

OBSERVATION Xme

Coup de couteau, section du cartilage de la cinquième côte. — Division de l'artère mammaire interne. — Epanchement de sang dans le médiastin et le péricarde. — Abcès dans le médiastin antérieur. — Péricardite chronique. — Empyème. — Mort. (LARREY).

Le 18 mars 1811, un chasseur de la garde impériale s’enfonce, de la main gauche, un couteau très acéré dans la poitrine. Le cartilage de la cinquième côte, du côté gauche, est divisé près de son insertion sternale. Un sang vermeil jaillit entre les deux bouts désunis du cartilage. Un lobe pulmonaire et le péricarde semblent atteints ; le pouls est petit, les extrémités se refroidissent ; on ferme la plaie. Dans les huit premiers jours, il y a des alternatives d’aggravation et de mieux-être.

Du huitième au onzième jour, une vive douleur se fait sentir au siège de la blessure. Le malade reste couché sur le côté droit ; le décubitus sur le côté gauche, détermine de pénibles angoisses. Rien n’annonce cependant un épanchement dans la poitrine. Les douleurs locales et l’anxiété vont en croissant. L’amaigrissement se prononce, la diarrhée s’engage. Les battements du cœur sont petits et lointains ; les doigts posés sur la cicatrice de la plaie sentent le choc d’un liquide ; on observe tous les signes d’un épanchement considérable dans le péricarde. Le quarantedeuxième jour, Larrey fait l'opération de l'empyème de nécessité au bord supérieur de la sixème côte, sous le mamelon gauche, au-dessous de la cicatrice. Un fluide jaune, mêlé de caillots sanguins, sort par jets isochrones aux battements du cœur. Il semble que le doigt, introduit dans ouverture de l’empyème, touche à nu la pointe de cet organe. La plaie suppure pendant huit jours, elle se referme : les accidents reparaissent. On la rouvre, et le malade est soulagé. Les fluides s’écoulent

avec facilité ; leur quantité diminue, leur consistance augmente. La gué-

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