CASE
deux faces du sternum et s’anastomosent avec leurs congénères du côté opposé.
L'artère mammaire interne peut présenter quelquefois des anomalies. C’est ainsi qu'on l’a vu sortir de la poitrine par le quatrième espace intercostal, contourner la face antérieure du cinquième cartilage et rentrer dans le thorax. Quelquefois, l'artère peut être accompagnée de mammaires internes accessoires. Ajoutons que, pendant son trajet elle est accompagnée par deux veines satellites qui un peu avant leur terminaison se réunissent en un seul tronc. À gauche, elles se jettent dans le tronc veineux brachio-céphalique ; à droite, au contraire, dans langle de réunion des deux trones brachio-céphaliques et même quelquefois dans la veine cave supérieure. La lésion de ces veines est aussi grave que celle de l’artère, ainsi que le prouve notre observation du sieur Réteaud. Comme l'artère, les deux veines cheminent en avant du triangulaire du sternum, détail anatomique très important, puisqu'il rend possible la lésion des vaisseaux, sans qu’il y ait plaie pénétrante.
Telle est l’histoire anatomique des vaisseaux mammaires internes ; mais, eu égard aux faits à rapporter, nous devons considérer comme appartenant à la région de ces vaisseaux toute l’étendue du thorax comprise entre la région mammaire, d’une part, et la région sternale, de l’autre. Or, dans cet espace, quels organes peuvent être lésés? IL est évident qu’un instrument vulnérant peut parfaitement ne léser que les vaisseaux mammaires. Faisons remarquer, toutefois, que cette circonstance est très rare, car presque toujours d’autres organes sont atteints, et ceux-là mêmes justement qui se trouvent dans les limites que nous venons d'établir, c’est-à-dire les plèvres, les poumons, le péricarde, le cœur et enfin le médiastin et les organes qu’il contient.
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ÉTIOLOGIE
En examinant les quelques observations qui ont été signalées, de blessures des vaisseaux mammaires, on voit qu'ils ont été atteints par des instruments de tout genre : ici, C’est un morceau de verre, là un couteau ou un poignard ; c’est encore un sabre, une épée, une baïonnette; enfin, des projectiles d'armes à feu. On peut dire, en un mot, que tout instrument, tout objet capable de déterminer une plaie de la poitrine, soit simple, soit pénétrante, peut causer la lésion de ces vaisseaux. [l n’est pas jusques à des causes indirectes, comme, par exemple, des esquilles osseuses, dans le cas de fracture du sternum et des côtes, qui ne puissent être invoquées comme pouvant déterminer cet accident. Il semble, au premier abord, que la lésion doive se produire plus fréquemment dans les duels et sur les champs de bataille, et pourtant, sur 11 faits relevés par M. Tourdes, on trouve : 1 accident, 1 suicide et 9 assassinats. Nos deux observations sont aussi 2 assassinats. La simple réflexion permet de se rendre compte de ce fait, c'est qu'il faut, pour atteindre ces vaisseaux, un instrument assez large, coupant et sciant les tissus, et non pas un instrument piquant, telle qu’une lame d'épée ou de fleuret, ou bien encore un projectile de guerre, qui offrent bien peu de volume eu égard à la largeur du thorax, derrière lequel l'artère représente, pour ainsi dire, une ligne de quelques
millimètres seulement de largeur. D'un autre côté, une lame acérée ou une pointe étroite peut parfaitemént pénétrer profondément entre le paquet de vaisseaux et le bord du sternum sans les blesser, parce qu'elle marche parallèlement à cet os et à la distance de quelques lignes en dehors de lui. Nous avons déjà fait remarquer que la largeur plus grande des espaces intercostaux supérieurs, notamment du deuxième et du troisième, rendait en ces points la lésion plus facile. Si nous prenons pour base les onze observations de M. Tourdes, qui, à ce sujet, nous donne tous les détails voulus, nous trouvons que la mammaire interne a été blessée :
5 fois à droite, 5 fois à gauche;
4 fois dans un espace intercostal :
1 fois derrière un cartilage ;
1 jois dans le premier intercostal ;
2 fois dans le deuxième espace ;
1 fois dans le troisième.
Les cartilages coupés ont été 1 fois, le 2°; 2 fois, le 4°: 2011010 PAMOiS ere
On voit, par cette statistique, que la lésion d’un cartilage a, 7 iois sur 11, accompagné la lésion. Ce serait la règle d’après M. Tourdes, toutes les fois que le vaisseau est atteint plus bas que la quatrième côte. Dans les trois premiers espaces seuls, la blessure aurait été observée sans section du cartilage. Faisons remarquer cependant que dans notre première observation, la lésion à eu lieu dans le quatrième espace, c'est-à-dire au-dessous de la quatrième côte, et qu’au contraire, dans la seconde, le cartilage a été coupé, la lésion ayant son siège dans le deuxième espace intercostal,