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CHAPITRE V

Conclusions

I. — La broncho-pneumonie est l'inflammation aiguë spécifique des bronches et des lobules qui en dépendent.

II. — Son début constant par la bronchite capillaire explique la répartition strictement lobulaire des lésions du parenchyme qui résultent de l'extension de la bronchiolite aux lobules qui en dépendent.

Le caractère essentiel de la bronchite est de siéger uniquement sur les petites bronches sus et extra-lobulaires.

Les lésions du parenchyme sont caractérisées par :

lo) L'irrégularité de la dissémination des lésions inflammatoires qui envahissent isolément les lobules.

2o) Le défaut de simultanéité de leur évolution dans un même poumon, et la présence constante des lobules simplement splénisés à côté d'autres hépatisés ou même abcédés.

— Ces lésions, d'après leur répartion topographique, affectent deux types distincts :

1°) Un tijpe lobulaire (\m constitue la broncho-pneumonie franche, et auquel seul doit s'appliquer la description anatomique qui précède.

2o) Un type pseudo-lobaire qu'on doit complètement séparer de la broncho-pneumonie pour le rapprocher de la pneumonie franche. — Bien que ces lésions n'évoluent pas simultanément dans les diveri lobules, leur disposition mas-

sive sans interposition de lobules sains entre les parties lésées sulfit à permettre ce rapprochement et à séparer complètement ce type de la broncho-pneumonie.

On doit donc le considérer comme une forme de 'pneumonie franche spéciale à l'enfant, comme un type pseudolohulaire de la pneumonie.

III. — La bactériologie, d'accord avec l'anatomie pathologique, nous démontre l'origine différente de ces deux types :

lo) Le type lohulaire dû à l'action du streptocoque pyogène.

2o) Le type pseudo-lobaire dû, comme la pneumonie franche, à l'action du Pneumocoque lancéolé de Talamon- Frcenkel.

IV. — Nous n'insisterons pas sur le type ^pseudo-lobaire qui n'est, en réahté, qu'une forme de pneumonie franche spéciale à l'enfant, et qui, comme la pneumonie de l'adulte, est plus souvent primitif que secondaire.

Contrairement à ce type, le type lohulaire franc qui seul constitue la véritable broncho-pneumonie, est plus souvent secondaire que primitif.

Il survient alors, à titre de complication, à la suite d'affections variées, la rougeole, la diphthérie principalement, ce qui explique sa fréquence plus grande chez l'enfant que chez l'adulte.

Sa gravité presque égale, quel que soit l'âge auquel elle survient, doit être attribuée en général :

1°) Chez l'adulte, à la généralisation rapide de l'infection pulmonaire.

2o) Chez l'enfant, à la présence constante de lésions mécaniques, accessoires, fort étendues, l'atéiectasie et l'emphysème qui rétrécissent énormément le champ de l'hématose et déterminent la mort par asphyxie.

V. — La broncho-pneumonie est contagieuse, épidémique et endémique dans les hôpitaux d'enfants, et spécialement dans les salles d'isolement des maladies qui s'en compliquent d'habitude (rougeole et diphthérie).

L'isolement de ces affections, tel qu'il est actuellement pratiqué, favorise par conséquent la propagation de la broncho-pneumonie et même en accroît la gravité.

On doit donc, pour sa prophylaxie, recourir à l'isolement des. maladies infectieuses qui se comphquent fréquemment de broncho-pneumonie, et pratiquer l'antisepsie rigoureuse des salles d'isolement, des objets qui servent au malade, et du malade lui-même.

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