‹ Étude sur la composition de la Chanson de RolandChapitre 5 sur 6 · ME · texte numérisé non relu

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De même dans la tirade 77; Charles li viels a la barbe flurie, jamais n'iert jurs qu'il n'en ait doel e ire. Tirer Et dans la tirade suivante:

li emperere en est l’uns, çQ m'est vis, grand at le cors, bien resemblet marchis, blanche at la barbe cume flurs en avrill.

Tir, 252.

Ces mêmes épithètes sont aussi quelquefois appliquées à d’autres héros. Par exemple dans les vers suivants: En sun destrier Baligants est muntets, fier le visage, le chief recercelet, tant eret blancs cume flurs en estet,.

Tir. 227.

ou:

Li amirals at sa barbe fors mise altresi blanche cume flurs en espine.

et enfin:

desur lur brunies lur barbes unt jetees.

altresi blanches cume neifs sur gelee.

Tir. 237.

Avant de terminer notre examen de la composition de la chanson de Roland, nous allons envisager encore une particularité remarquable dans la langue, dont le poëte se sert.

Il fait parler les héros les uns aux autres tantôt à la seconde personne du pluriel, tantôt à la seconde persenne du smgulier. Il est intéressant d'examiner dans quel cas le poëte emploie cette dernière forme.

Nous en avons deux cas différents; il l’emploie 1° dans

des discours cordiaux 2° comme un signe de dédain et de violente colère. Quelques exemples mettront ces faits en évidence. L’archevêque Turpin est blessé à mort, il se met pour la dernière fois à genoux, pour confesser ses péchés. Il bénit l'empereur, la France ,dulce‘* et avant tout son ami Roland: puis il meurt. Roland survient et à sa vue il fond en larmes et s’écrie:

Ensemble avums estet e ans e dis ne m' fesis mal, ne jo ne |’ te forsfis.

Quand tu ies morts, dolur est que jo vif.‘ Tir. 150.

Il en est de même dans la tirade suivante, où Charlemagne regrette la mort de son neveu Roland:

Amis Rolands, Deus metet l’anme en flurs en pareis entre les glurius!

Cum en Espaigne venis mare, seignur!

Jamais n’iert jurs de tei n’aie dolur.‘ Tir. 206.

Ces exemples se rapportent au premier cas dont nous avons parlé. On le voit, le poëte y emploie la seconde personne du singulier parce qu'il s’agit de discours où la tendresse et la cordialité dominent. Maintenant nous allons en citer quelquesuns, où nous trouverons la même personne, employée comme signe de mépris, de colère et d’indignation.

Marsille à tué beaucoup de Francs; Roland l’aperçoit, environné d’un monceau de cadavres francs. Furieux, il fond sur le païen et:

dist a l’ paien: ,,Damnes Deus mal te duinst a si grand tort m’ocis mes cumpaignuns, colp en avras, ainz que nus departums,

e de m’ espee encui savras le num.“ Tir, 141.

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