Liv. XX,c.,I
tous les passages où les auteurs Romains prodiguent leur admiration à la loi des Douze Tables, et où les jurisconsultes postérieurs se réfèrent à ses dispositions comme aux principes mêmes, des matières qu'ils étudient. Les peuples, les magistrats partageaient les sentiments des écrivains et des jurisconsultes de profession. Les dispositions de la loi des Douze Tables et leurs conséquences nécessaires eurent au moins nominalement la même durée que la nation Romaine (1). Longtemps cette nation vécut sous leur empire absolu, et quand elle se permit enfin de modifier insensi-. blement les Douze Tables jusqu'à les détruire, elle le faisait timidement, par réformes détournées, n'osant presque jamais attaquer de front la vieille législation et continuant de professer pour elle apparemment la plus grande estime. Au temps de Cicéron, lorsque depuis trois siècles et demi les auteurs de ce vieux droit dormaient leur dernier sommeil, on Ta vu, la jeunesse apprenait encore par cœur leur œuvre dans les écoles (2).
D'où vient que la loi des XII Tables ait si longtemps régi le peuple romain ? D'où vient que celui-ci l'ait si timidement modifiée? D'où vient qu'après l'avoir modifiée et transformée, il ait conservé pour l'ancien état de la législation un si profond respect, dont les écrivains et les jurisconsultes de Rome rendent témoignage. On en peut donner plusieurs raisons. La loi de XII Tables opère une véritable révolution dans l'organisation de la justice Romaine ; elle