‹ Étude sur la condition de la mère en droit romain et en droit français ... [Microform]Chapitre 2 sur 280 · Tite-Live, V. 36 ; — Gomp. Plutarch. Camil., C · texte numérisé non relu

Tite-Live, V. 36 ; — Gomp. Plutarch. Camil., C

vers rOccident (1). A son tour, de nos jours, dansquelques* unes de ses parties, la vieille Europe semble trop peuplée : elle jette beaucoup de ses enfants sur des rivages lointains, et si l'une de ses nations plus rapidement accrue que d'autres vient d'achever une conquête, dans les provinces conquises désertées par les anciens habitants elle envoie de nombreux colons; nous en avons des exemples récents sous les yeux. Or au temps des premières migrations Asiatiques, lorsque les peuples errants eurent pris une demeure longtemps fixe, de longues années devaient encore s'écouler avant qu'ils ne se formassent une littérature nationale : la vie nomade n'avait pas favorisé la culture de l'intelligence, et quand fut opéré l'établissement définitif, combien ne fallut-il pas encore batailler contre le sol et les peuplades voisines avant que plusieurs n'eussent le loisir de fonder les lettres nationales. Gomment ces premiers écrivains auraient-ils retrouvé sûrement la mémoire des vieilles migrations de leurs ancêtres ? Gomment leur connaissance de l'histoire générale pouvait-elle être suffisamment précise, leur critique suffisamment exercée ? L'imagination seule devait inspirer leurs œuvres, et trompée par le patriotisme prêter, ce semble, aux origines nationales une grandeur toute factice. C'est directement de la seule imagination que relèvent les écrits des premiers écrivains romains, sur les origines de leur nation. Toutefois, l'imagination des Romains ne s'ingénia pas à représenter les anciennes populations du Latium

1. On sait que les incursions des Arabes sont du is«' siècle après J.^C.

8 comme absolument indigènes. De vieilles chansons populaires, des éloges funèbres, des poèmes héroïques, que Caton mentionne dans un de ses ouvrages, et que Cicéron regrette de ne pas connaître, avaient fait remonter aux héros de la fable quelques grands du pays (1) ; la masse de la nation paraissait, aux meilleurs parmi les écrivains, descendue des Grecs (2). Horace l'a dit, et on ne cesse de le répéter justement après lui :

Grœcia capta ferum victorem cepit, et artes Intulit Agresti Latio (3).

La Grèce, que Rome avait vaincue par les armes, vainquit bientôt Rome par le prestige de sa littérature et de ses arts ; et les fiers Romains, saisis d'admiration pour la civilisation grecque, voulurent se croire les fils du peuple qu'ils venaient de subjuguer.

La critique moderne a renversé ces théories, et essayé d'assigner leur véritable origine aux populations de la péninsule Italique. Si on l'en croit, l'Italie aurait été peuplée par un mélange d'Ibères, de Celtes de Kymrisetd^Iônes(4). Nous n'avons pas cru superflu de marquer que les Italiens en général, et en particulier les Romains, ne descendaient pas directement des Grecs, et voici pourquoi : estime-t-on que la thèse de la littérature romaine soit vraie? Gomme on

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