Ck>iiip. Inst Just.» tout le § 3, III
- ii6 -.
tribuèrent beaucoup à dégoûter les citoyens du mariage, qui n'a que des peines pour ceux qui n'ont plus de sens pour les plaisirs de l'innocence... La corruption des mœurs, ajoule-t-il, détruisit la censure, établie elle-même pour détruire la corruption des mœurs, mais lorsque cette corruption devient générale, la censure n'a plus de force. Les discordes civiles, les triumvirats, les proscriptions affaiblirent plus Rome qu'aucune guerre qu'elle eût encore faite. Il restait peu deciloyens et la plupart n'étaient pas mariés. Pour remédier à ce dernier mal César et Auguste rétablirent la censure, et voulurent même être censeurs. Ils firent divers règlements (1). Or, on voit dans ces règlements que si les hommes fuyaient le mariage et la paternité, les femmes ne recherchaient guère avec moins d'empressement le célibat et la stérilité^ certain moyen d'ailleurs que prit César de leur inspirer d'autres goûts ne fait pas honneur au sexe qui semblait en avoir mérité l'usage t César, poursuit Montesquieu, donna des récompenses à ceux qui avaient beaucoup d'enfants, et défendit aux femmes qui avaient moins de quarante-cinq ans et qui n'avaient ni maris ni enfants de porter des pierreries et de se servir de litière : méthode excellente d'attaquer le célibat par la vanité (2). » Cette observation nous mène naturellement à parler de quelques-unes des réformes législatives les plus importantes du premier Empereur, Auguste.
1. V.Montesq. Esp des lois, liv. XXilII, ch. 21, et les auteurs cités par lui.