‹ Étude sur la condition de la mère en droit romain et en droit français ... [Microform]Chapitre 26 sur 280 · CONDITION DE LA MÈRE SOUS LES EMPEREURS PAÏENS · texte numérisé non relu

CONDITION DE LA MÈRE SOUS LES EMPEREURS PAÏENS

Comme ils avaient effrayé César, la diminution constante de la population, ingénue et l'abandon «lu mariage effrayèrent Auguste. Dès les premières années de son règne • par une de ces contradictions qui ne sont pas rares chez les despotes, l'homme qui avait su profiter de l'abaissement moral de Rome pour lui confisquer ses libertés se crut appelé à la régénérer > (1). Le nouvel Empereur fit donc de nombreuses tentatives pour réformer les mœurs de son peuple. Tant s'en fallait qu'elles fussent acceptées sans protestations (2) et que le succès parût devoir les couronner : par deux fois notamment Horace, le panégyriste officiel du chef de l'État, augurait mal de l'avenir.

jEtas parentum^ pejar avis, tulit Nos nequiores, mox daturos Progeniem vitiosiorem.

i. AcGtrias, op. cit., I, p. 850, n. 372. 2. Voy. Dion Oassius, liv. LVL

disait-il quelque part (1) et ailleurs :

... Quid leges sine moribm Vœnœ proficiunt (2).

Cependant, l'Empereur continuait ses efforts. Nous n'avons pas à en faire l'histoire minutieuse et détaillée, il nous suffit de rappeler que les plus importants règlements d'Auguste furent fondus vers la fin de son règne dans deux lois célèbres qui formaient vraiment un code de lois et un corps systématique (3) de la matière les lois Portia et Papia Poppaea, et de rechercher dans ces lois les dispositions spécialement relatives à la condition de la mère. On doit comprendre aisément d'ailleurs que, pour détourner du célibat et prévenir la slérililé, le législateur pouvait ne pas se contenter de régler d'une façon nouvelle les rapports de droit entre la mère et ses propres enfants, qu'il pouvait au dehors même de la famille combler la mère de privilèges, modifier les rapports de droit entre elle et tous les citoyens, lui accorder des faveurs justement appelées d'une alliance de^mots nouvelle : extra-maternelles (4).

Des lois Julia et Papia Poppaea la première ne fut pas absorbée par la seconde : les jurisconsultes romains les citent l'une et l'aulre et attribuent certaines dispositions

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