‹ Étude sur la condition privée de la femmeChapitre 13 sur 36 · XX PAUL GIDE · texte numérisé non relu

XX PAUL GIDE

membres. Sur sa tombe entr'ouverte M. Giraud a parlé , eo termes touchants , de cet honneur destiné et de ces espérances évanouies *.

Un profond penseur écrivait récemment : « L'essentiel dans l'éducation, ce n'est pas la doctrine enseignée, c'est FéveiP. » Chez M. Gide, la doctrine était celle d'un vrai jurisconsulte, d'un esprit libéral et épris de justice; en même temps il avait su éveiller un mouvement d'esprits, comme rarement on en voit dans nos écoles. Ses leçons et ses écrits étaient un ferment puissant et salutaire. Ce principe de vie n'a point été éteint par sa mort. Ses écrits sont là , et nous espérons que longtemps encore la jeunesse viendra y puiser des inspirations. La voix du maître s'est tue , mais il a laissé après lui des élèves qui , s'ils n'ont pas son talent , ont recueilli du moins son esprit et conservent sa méthode : c'est en leur nom, et comme un de leurs aînés, que je viens déposer sur sa tombe ces quelques pages, ce pieux souvenir.

A. ESMEIIN.

' Discours de M. Giraud {Nouvelle Revue historique, t. IV, p. 761) : « L'Institut avait encouragé, honoré ses travaux par les suffrages les plus flatteurs et les mieux mérités, car, à lui seul, le livre De la condition privée de la femme dans le droit ancien et moderne est un des plus beaux ouvrages de notre temps. Une perspective prociiaine et assurée s'ouvrait par là devant lui pour consacrer et couronner une carrière déjà glorieuse. Tout cela s'est évanoui en quelques heures, et c'est celui dont la succession lui était dévolue , selon les lois de la nature , qui vient gémir en ce moment sur ce renversement de l'ordre des choses, en face d'un cercueil où s'anéantissent tant de légitimes espérances. »

2 M. Renan, Souvenirs d'enfance et de jeunesse, p. 184.

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