‹ Étude sur la condition privée de la femmeChapitre 25 sur 36 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

corporation, on pourrait presque dire chaque famille, se donner un statut local et une législation particulière.

Mais avant de chercher, dans les diverses nations de l'Europe, ce qui les distingue et les sépare, je voudrais d'abord dans ce livre montrer ce qui les unit. Bien qu'ayant suivi des chemins différents, elles sont toutes parties du même point , elles ont toutes conservé , malgré la diversité de leurs destinées, l'empreinte de cette commune origine, et celleslà mêmes qui ont marché dans les directions les pliis opposées, la Suède et l'Espagne, par exemple, présentent aujourd'hui encore plus de ressemblance que n'en offrirent jamais la Perse et l'Inde, la Grèce et l'Egypte. Quelle que soit en effet, dans l'Europe chrétienne, la variété des lois et des coutumes locales, on les réduit, en les décomposant par l'analyse, à trois éléments, toujours identiques quoique diversement combinés : le droit romain, qui, de nos jours encore, retient assujettis à une même influence la plupart des peuples qu'il réunissait autrefois sous une même autorité ; les coutumes nationales des Germains et des Scandinaves, qui, sorties avec ces peuples du Nord de l'Europe, ont tout envahi jusqu'à la Méditerranée et ont partout altéré l'élément romain; enfin le droit canonique, ou plus généralement les principes de droit dérivés du christianisme, qui forment la base commune et indestructible de toutes les lois européennes.

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