‹ Étude sur la conscience morale et religieuseChapitre 11 sur 19 · OÙ · texte numérisé non relu

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d'abord comme un étranger au cours de lexistence humaine, entièrement tissue de réalités contingentes, il ne tarde pas à y faire valoir ses prétentions. C’est un étranger, dont la noble naissance commande le respect. Ce n'est pas un mendiant vagabond qui sollicite, c'est un prince exilé qui ordonne en maitre, et s'il exige beaucoup il n’exige rien d'arbitraire. La loi qu'il dicte n’a pas le caractère d’un caprice ou d'une idée fixe, et si elle semble isoler parfois celui qui veut y obéir, ce n’est jamais d’une manière durable ou définitive. L'homme qui s'y soumet agit peut-être d’une manière différente de toute la collectivité qui l'entoure, mais ce n’est point une manie de contradiction qui le pousse, car ilse rend fort bien compte que tous devraient agir, croire ou penser comme lui

Get impératif fait si bien partie des facteurs de la vie humaine que ceux-là seuls, qui se sont présentés en son nom, ont acquis sur les hommes une influence prépondérante et durable. Ce ne sont ni les conquérants, niles inventeurs qui transforment l'humanité et dont l'histoire retient les noms. ce sont les réformateurs des morales et des religions. Lesgrands caractères restent en dernière instance les seuls maitres écoutés et suivis ; c’est à eux instinctivement que les peuples s’en réfèrent, car c’est par leur intermédiaire qu'ils entendent les voix impérissables du vue &i dont parle Sophocle, .et c'est en eux qu'ils contemplent l'idéal pressenti vers lequel ils tendent. Leur obéissance: au devoir fait leur autorité et fonde l'empire qu'ils exercent sur les âmes, ces oiseaux voyageurs per-

1 C'est Ià, sans doute, la source cachée de l'âpreté et de l’acrimonie des luttes qui se soutiennent sur le terrain de la morale et de la religion. Rien n’est plus intransigeant qu'un idéal moral ou religieux.

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