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le compare avec les exigences de l’instinct social toujours vivace et pressant, elle ne peut pas ne pas prendre en horreur cet acte. Dans ces conditions le souvenir de la défaite subie par l'instinct prend nécessairement la forme du remords. De même la prévision d’une victoire remportée par cet instinct prend nécessairement la-forme du devoir. »
L'obligation morale se réduit donc à la prédominance des instincts sociaux en face des instincts égoistes aussi vite passés que satisfaits, permanence et prédominance rendue consciente par la réflexion f.
Nous ne suivrons pas Darwin dans les riches développements et les preuves variées dont il étaie sa théorie. Plusieurs de ses arguments nous ont paru probants et propres à emporter la question, si la question elle-même se trouvait sur ce terrain.
Nous voudrions seulement mettre à lasuite de certaines affirmations relatives à l’hérédité un point d’interrogation. Il nous paraît qu’on la charge aujourd’hui d’un
1 Voici du reste deux passages originaux suffisamment caractéristiques: «Un animal quelconque doué d’instincts prononcés acquerrait inévitablement un sens moral ou une conscience, aussitôt que ses facultés intellectuelles se seraient développées aussi complètement que chez l’homme » (The descent of man p. 79). ;
« Au moment de l’action, l'homme est sans doute capable de suivre l'impulsion la plus puissante; or, bien que cette impulsion puisse le, pousser aux actes les plus nobles, elle le portera plus ordinairement à satisfaire ses propres désirs aux dépens de ses semblables. Mais après cette satisfaction donnée à ses désirs, lorsqu'il comparera ses impressions passées et affaiblies avec ses sentiments sociaux, plus durables, le châtiment viendra. L'homme se sent alors mécontent de lui-même et prend la résolution, avec plus où moins de vigueur, d’en agir autrement à l’avenir. Cest là la conscience qui regarde en arrière et juge les actions passées » (Ibid., p.77.).
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bien gros fardeau (le même qui, au siècle dernier, revenait à l'éducation) et qu'on lui fait accomplir plus qu’elle ne peut en réalité.
On atiré de l'hypothèse darwinienne, transportée dans le domaine philosophique, des morales diverses suivant
qu'on s’est plu, comme en Allemagne, à l’allier aux débris
de l’hégélianisme, ou qu'on l’a continuée dans le sens de l’évolutionnisme proprement dit. (C’est dans cette direction que devait se trouver le dernier mot de la tendance. Nous la suivrons et l’examinerons là chez son représentant le plus authentique et le plus autorisé : Herbert Spencer.
Nous avons vu que Darwin plaçait origine de la conscience bien loin derrière nous, antérieurement à toutes les générations humaines. Elle apparait, selon lui, dès les premières manifestations de la vie animale sur le globe. Spencer recule eacore cette dernière limite. Il base sa morale sur les lois de l’univers physique et matériel, dont elle n’est pour les êtres conscients que la suprême expression. Son système tout entier pivote autour de l’axiome fondamental de la permanence et de la transformation de la force. Il nous est impossible, on le conçoit, de faire voir ici comment cette morale se rattache à la vaste synthèse de sa philosophie. Nous sommes réduit à donner en quelques lignes l’esquisse de sa théorie.
. Pour Spencer, la morale est la science des uctivités humaines. Ilentend par activité l'adaptation desactes(moyens) aux buts proposés. Ces buts sont de deux sortes : la plénitude de la vie individuelle, celle de la vie de l'espèce. L'activité suprême serait celle, qui, s’'adaptant parfaitement à cette double fin, serviraitégalement celle de son auteur et celle du prochain. Car le monde tend à la plus grande
L'Age
somme possible de vie, en durée et en perfection. Un objet est donc bon ou mauvais suivant qu’il s’adapte ou non au but en vue duquel il existe. Il en est de même des actions humaines; elles peuvent-être bonnes :