‹ Étude sur la cure radicale des herniesChapitre 3 sur 12 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

De la compression.

Celse l’employait déjà quoique d’une façon fort défectueuse, il faut arriver à Blegny, qui fut sans doute 1 inventeur des bandages à ressort élastique pour trouver quelque chose d’efficace. Arnaud la modifia; Heritz Laval et plus tard Mouza proposèrent des pelotes pleines d’air.

Camper, Juville et Richter accordent une grande valeur à ce procédé de guérison. Ce dernier écrit : «Je crois que ce serait la manière la plus facile, la plus sûre d’opérer la cure radicale et j’ai de fortes raisons de penser que j’ai vu plusieurs personnes qui ont été guéries radicalement par ce moyen. » Fournier de Lempdes, en janvier 1829, publia des observations assez nombreuses de guérison. Astley Cooper adonné les véritables conditions de succès par le bandage; il faut qu’il agisse à la fois sur l’orifice supérieur du canal et sur toute l’étendue de son trajet. La guérison s’obtient: l°Par l’accolement des parois du trajet et du sac herniaire, dit Malg’aigne, qui en cite deux observations très remarquables, l'une, due à Roustan, chez un vieillard dont ce chirurgien eut plus tard l’occasion de faire l’autopsie et dans Je canal inguinal duquel il trouva de nombreuses adhérences. Il est vrai que, dans ces deux cas, la hernie s’était enflammée et le bandage avait été appliqué aussitôt après la réduction ; 2° Par le développement d'un bourrelet graisseux Je long des parois du trajet inguinal. A. Paré, en cite une très curieuse observation avec autopsie. M. Anger, a montré quatre cas dans lesquels on voyait manifestement un petit bourrelet adipeux qui s était formé au pourtour de l’orifice interne du canal inguinal chez des hernieux qui avaient porté bandage, et il était facile de voir que ce bourrelet s’opposait à la sortie des intestins.

Il ne serait pas impossible que le frottement du bandage déterminât dans le tissu de l’anneau un épaissis-

sement analogue à celui qu’il développe dans le tissu > cellulaire sous-cutané.

De la position.

Le décubitus dorsal prolongé, la hernie étant maintenue, réduite, a compté aussi d’assez nombreux partisans. A. Paré l’a conseillé; Fabrice de Hilden a écrit : « Manifestum fit quietem et decubitum in dorso unicam esse panaceam herniarum. » Et plus tard Ettmuller : « Nihilæque ad cujusvis herniæ perfectam curam utile est quam quies corporis... Interdum sine remediis curari possunt herniæ adeo ut continuus dorsi deeifbitus sit vera herniarum panacea, etiam in senibus. » Enfin, en 1831 F. Ravin (1), publia un mémoire très remarquable sur ce sujet. On y trouve neuf observations de guérison et deux cas de récidive, plusieurs malades ont été revus un grand nombre d’années après. D’après cet auteur la hernie guérit d’autant mieux quelle est plus récente et que le sujet est plus jeune. On devra porter un bandage pendant six mois. Le séjour au lit sera de un à deux mois. Sanson a eu aussi plusieurs succès et l’on trouve dans la Gazette médicale de 1840, un cas de guérison dû à Biagini sur un homme de 32 ans. Enfin, le Dr [Duplat, de Lyon, dans deux mémoires sur lesquels il a été fait un rapport à l’Académie royale de médecine (Séance du 18 janvier 1831), a publié 13 guérisons de hernies qu’il a obtenues par le même moyen.

(1) Archives gôn. do méd, et de chir., t. XXVII, 1831

Topiques.

Tous les chirurgiens du moyen âge et de la Renaissance ont employé les topiques pour guérir la hernie; tous ont un emplâtre « contra rupturam. » Ces emplâtres sont composés de substances astringentes et appliqués sur la peau de l’aine. Un des plus célèbres fut celui de Guy deChauliac. Dionis dans ses Démonstrations de Chirurgie, parle du remède du prieur de Cabrières, acheté par Louis XIV, en 1680. Sous le meme règne, l’emplâtre de Mlle Devaux obtint aussi une grande faveur sous le patronage de Fagon, de Boudin et de Félix, médecins du roi. En 1827 M. Beaumont a employé avec succès la compression et les sachets opiacés et ammoniacaux, et en 1831, M. Desplats a joint aux sachets astringents la position.

On doit encore ranger parmi les topiques les cautérisations de la peau par la pâte de Vienne, par la potasse caustique, l’acide sulfurique ou le beurre d’antimoine.

Nous croyons inutile de dire combien ces procédés sont illusoires ou cruels et c’est seulement pour être complet que nous les avons signalés.

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