‹ Étude sur la cure radicale des herniesChapitre 4 sur 12 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Cautérisation.

On pratiquait la cautérisation de deux manières : les parties contenues étant réduites ou ne l'étant pas, on

employait les caustiques ou le fer rouge, et Franco réunit l’incision et la cautérisation qu’il fait jusqu’au : pubis pour séparer le testicule du cordon. Roger de Parme, Guy de Chauliac, Albucasis, etc., ont attaché : leurs noms à cette funeste méthode.

Incision.

! Cette méthode consistait à faire la division de toutes les enveloppes du sac, elle était pratiquée par plusieurs chirurgiens au diredeCelse.

Lieutaud et Leblanc la préconisèrent ensuite et elle donna dans les mains de J.-L. Petit de tels résultats qu’il finit par la considérer comme plus meurtrière que l’opération de la hernie étranglée.

Point cloré. — Suture royale .

C’est Franco (1) et surtout Dionis (2), qui ont donné les meilleures descriptions de ces procédés fameux.

La suture royale consistait à mettre à nu le sac herniaire et à le coudre dans toute sa longueur sans toucher aux éléments du cordon. On lui a donné le nom de royale, dit Dionis, parce qu’en conservant les parties, elle laisse la liberté au testicule de faire sa fonction qui est donner des sujets au roi.

Pour faire le point doré, on passait un fil d’or audessous des vaisseaux spermatiques et on comprenait

(1) Pierre Franco, 1556.

(2) Traité des opér. chir.

Je sac dans l’anse du fii,« en prenant garde qu’il ne presse point trop les vaisseaux et qu’il permette au sang1 de couler dans leurs cavités. » Le fil était laissé à demeure.

D’autres ont employé des fils de plomb ou de chanvre.

Castration.

Plusieurs des procédés déjà décrits compromettaient les fonctions du testicule. La castration eut pour but d’amener une cicatrice solide et de fermer le passage aux intestins. Paul d’Egine (1) est le premier qui nous ait transmis en le vantant ce procédé barbare. Il coupait le cordon] et le sac entre deux ligatures. Guy de Ghauliac nous dit que, de son temps, la castration n’était plus employée que pour la gTande rompure. J. de Vigo veut]} qu’on l’abandonne aux chirurgiens ambulants. Mais l’on s’étonne de voir Franco la soutenir dans le cas de hernie complète. 4. Paré se montre très ardent à attaquer les chastreux dont il combat la cupidité et dont il rejette avec indignation les cruelles manœuvres. Fabrice'[d’Aquapendente, Pig’ray l'acceptent encore dans quelques cas. Vigier la rejette. Thévenin est le’dernier qui la recommande. Au commencement du xvme siècle, elle est punie par les magistrats, ce qui n’empêche pas qu’elle était encore quelquefois pratiquée à l’époque où Sabatier a publié son traité d’opérations, en 1796.

(1) . d’Egine, Lib. VI, ch. 65.

MÉTHODE DU REFOULEMENT DU TESTICULE DANS L’ANNEAU ET DU PELOTONNEMENT DU SAC.

Henri Moinichen médecin du roi de Danemark ,qui a voyagé en Espagne vers le milieu du xvne siècle, rapporte que (1) les Espagnols avaient imaginé d’ouvrir le sac, de refouler le testicule dans l’anneau, et de faire ensuite le point doré. À la même époque, Scultet engage les jeunes chirurgiens à ne pas imiter les anabaptistes en Moravie « qui entreprennent de guérir l’entérocèle, bouchant le trou du péritoine avec le testicule poussé dans sa cavité après la réduction de l’intestin. » Les habiles chirurgiens, dit-il encore, n’approuvent pas cette façon de guérir, soit parce que, si le trou est plus grand que le testicule, il ressort facilement, en sorte que le malade n’est pas plus soulagé qu’aupar avant, soit parce que, si le testicule est plus gros que le trou, étant pressé, il souffrira une douleur qui sera suivie d’inflammation, de stérilité et de la mort même. » Scultet a connu des personnes soumises à cette opération et qui « ont eu un mariage stérile et plein de querelles (2). »

(1) Mena. de l’Ac. Roy. de chir., t. Vil, édit, in-12.

(2) Nous voulons rapprocher de ce procédé une observation toute moderne intitulée: De la fixation du testicule dans l’anneau inguinal amenant la cure radicale de la hernie par Ch. Hunier (The Amer. Journ. of lhe méd. sciences, january 1878.) Reproduite par le Gentralsblatt fur Ghir. ■1878 et dans la Revue desSc. méd., t. XIII.

Un étudiant en médecine do 22 ans est atteint depuis 6 ans d’une lier-

Garengeot (J) conseille, aussitôt que la hernie est réduite, d’entasser le sac en un petit bloc et de le mettre dans l’ouverture même de l'étranglement et pardessus une petite pelote qu’il a imaginée.

Louis (2), fait remarquer que l’opération est souvent impraticable à cause des adhérences du sac.

Vidal de Cassis (3), a fait une fois cette opération. « J’avais, dit-il, à opérer d’un varicocèle un jeune homme qui avait en même temps une hernie inguinale gauche. Après avoir réduit les organes, je passai derrière les veines du cordon et derrière le sac un gros fil d’argent, puis devant ces organes un autre fil. Le tout fut enroulé sur les deux fils comme je le fais pour le varicocèle, seulement je saisis les veines un peu plus haut qu’à l’ordinaire. Le sac fut donc enroulé aussi, et huit ans après l’opération, je pus faire constater la guérison des deux infirmités. » Si nous insistons sur Je pelotonnement du sac, c’est que nous le retrouverons employé par les chirurgiens contemporains.

Scarification.

Du temps de J. B. Verduc, on pratiquait la scarifica-

nie inguinale qui ne peut être contenue par aucun bandage. Il prend l’habitude de la maintenir constamment réduite avec la main, et remarque que le testicule se laisse facilement remonter dans l’anneau et y barre le passage à la hernie. Au bout d’un an, le testicule a contracté des adhérences avec l’anneau inguinal externe et la hernie se trouve parfaitement contenue.

(1) Opér. de chir., édit, de 1718.

(2) Mém. de l’Ac. Roy. de chir., t. XI, p.

(3) Traité do path. ext.

(ion de la hernie étranglée, afin d’amener une cicatrice solide. Cette méthode est conseillée très explicitement par J. H. Freytag’, puis par Heister. Enfin, Velpeau l’approuve formellement dans son Traité de médecine opératoire. Rust (1), les recommande de nouveau tout en exposant leurs dangers. M. Jules Guérin imagine de scarifier le canal par la méthode sous-cutanée : huit jours après h opération des compresses furent remplacées par un brayer, qui fut quitté au bout de cinq semaines. Six semaines après la hernie n’avait pas reparu et n’avait aucune tendance à la récidive (2). Velpeau a employé une fois cette méthode sans succès (3) et voilà comment la juge L. J. Sanson : « Les incisions portant sur l’anneau aponévrotique tiraillé en divers sens ne sont propres qu'à l’agrandir, il est peu probable que le tissu inodulaire qui leur succède puisse contrebalancer la dilatation d’abord produite.

Si cette méthode était bonne l’opération de la hernie étranglée, accompagnée des débridements multiples conseillés par Scarpa et avant lui par Juncker (4), guérirait le plus souvent la hernie. Or, il n’en

(1) Handbuch der Chir., Berlin, 1832, t. VIII, p. 392.

(2) Hip. Fournier. Th. inaug., 1846.

(3) Velpeau a mis deux fois en usage sur le même malade, des deux côtés, le procédé suivant:

1° Incision sous-cutanée,

2° Scarification de l’intérieur du sac surtout vers l’orifice interne.

3° Compression de toute la longueur du canal inguinal, juillet 1840. Fournier, loc. cit.

(4) Incisio magna vel quod melius videtur. multœ parvulæ in peripheria annuli efficiantur.

Beaugrand. Essai historique sur la cura radie, des hernies.

Jagot.

est rien, elle récidive le plus souvent dans une proportion qu’il est malheureusementdiflicile d’établir et nous pourrions citer plusieurs observations de hernies pour lesquelles on a dû faire plusieurs fois la kéiotomie. Cette question se prêterait à des considérations dignes d’intérêt.

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