‹ Étude sur la cure radicale des herniesChapitre 5 sur 12 · MÉTHODE DE L ACUPUNCTURE · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE L ACUPUNCTURE

Cette méthode comprend trois procédés. Le premier dû à M. Bonnet consiste à piquer des épingles près de l’anneau, à travers les enveloppes herniaires, à les disposer de manière à ce qu’elles maintiennent en contact les parois du sac et à les laisser en place jusqu’à ce que l’inflammation adhésive se soit développée. Sur neuf observations citées dans son mémoire, on trouve 4 cas de guérison, 5 cas d’insuccès dont 2 morts. M. Mayer a remplacé les épingles par des sutures, puis il avoue avoir eu, après quelques cas heureux, de nombreux insuccès (1).

Enfin, Malgaigne a conseillé (2) d’enfoncer de petites aiguilles à acupuncture le long’ du trajet du canal, assez haut pour éviter le cordon, de les retirer dès que l’inflammation s’est développée et d’appliquer un bandage.

(1) Gazette médicale, 1837.

(2) Boinet, th. d’agrég. 1839.

Autoplastie.

Ce procédé n’a été employé qu’une fois par Jameson, chez une dame, pour une hernie crurale. Il mit l’anneau crural à découvert, tailla dans la peau voisine un lambeau en forme de lancette, le renversa vers l’anneau dans lequel il l’introduisit et l’y fixa par des sutures. La malade g*uérit.

En 1874, M. Lang’enbeelc (1) entreprend de nouveau la cure radicale des hernies par autoplastie. Sur la face antérieure de la cuisse, il taille un lambeau quadrilatère, adhérent par sa partie supérieure; il introduit le doigt dans le canal inguinal ou dans le canal crural et dans le trajet ainsi préparé il refoule le lambeau. Les bords de la plaie sont réunis par une suture. Il aurait d’après ce procédé obtenu la guérison radicale dans 7 cas de hernie inguinale et 2 cas de hernie crurale.

Injections clans te sac.

Velpeau (2) a fait deux fois des injections de teinture diode dans la cavité du sac en prenant soin de faire comprimer par un aide le canal inguinal. Dans le 1er cas, le malade mourut d’une affection intercurrente et 1 on put constater que le résultat avait été nul.

(1) Radio, alcur der Bruche, par M. Langenbeck. Memorabilicn, 1874,

no 7.

(2) Nouveaux éléments de méd. op., 1839. Thierry. Cure radicale des hernies. Thèse conc. méd. opér., 1841.

Dans le second, il y eut une prompte récidive après des accidents inflammatoires très graves (1). Jobert a mis aussi en pratique ce procédé, tandis que Schreger, en Allemagne, employait les injections de vin rouge et plus tard les simples injections d’air.

Pancoast, en Amérique (1846), avait injecté de la teinture de cantharides (2) et Valter, du sang humain. Nous rapprocherons de cette méthode celle de M. Belmas. Ce chirurgien introduit dans le sac herniaire, le plus près possible du collet, à l’aide d’une aiguille courbe spéciale, un sac de baudruche qu’il remplissait ensuite d’air. Ce sac devait s’organiser en provoquant une sécrétion de lymphe plastique qui amènerait la fermeture du sac. Sur 4 opérations, une seule réussit complètement et un des malades est mort d’un érysipèle gangreneux. Plus tard, il a substitué à ses sacs de baudruche des filaments de gélatine desséchée, enveloppés par de la baudruche, qu’il porte dans le collet du sac à l’aide d’une aiguille spéciale. Sur dix opérations, il a eu cette fois cinq guérisons et cinq récidives dont deux très rapides.

Græfe (de Berlin) (3) a imaginé une méthode qui présente avec la seconde méthode de Belmas une assez grande analogue pour que nous la mentionnions ici, quoiqu’elle ne ressemble plus du tout aux injections

(1) Ricord in, Gaz. des Hôp. 1854, p.532, décrit une aiguille trocart qu’il a imaginée pour cette opération qu’il approuve et en faveur de laquelle il cite des succès obtenus par Maisonneuve etFollin.

(2) Ce môme chirurgien a eu l’audace de faire la section sous-cutanée de la cause de l’étranglement dans les anciennes hernies irréductibles. The Amer, journ. of tlic med. Sc , avril 1878, p. 468.

(3) Raw (Berlin, thèse 1813).

dans la cavité du sac. Elle consiste à dénuder le sac, à y faire une petite ouverture d’un demi- pouce par laquelle on introduit jusqu’au coilet du sac un bourdonnet de charpie maintenu par un fil. L’inflammation que développe ce corps étranger suffit à fermer le collet. Raw cite à l’appui de sa thèse quatre observations et quatre guérisons : la lr% d'une femme de 46 ans, guérie en douze jours; la 2°, d’un jeune homme de 13 ans; la 3e, d’un homme de 40 ans, et la 4°, d’une vieille femme de 7$ ans.

Ligature totale de la hernie.

Cette méthode, qui n’a guère été employée que pour la cure radicale de la hernie ombilicale, ne rentre guère dans notre sujet. Nous ne la citons que pour être complet. On réduisait d’abord l’intestin; puis, la tumeur étant pédiculisée, on passait à sa base une ou plusieurs aiguilles derrière lesquelles on faisait une ligature complète. La tumeur était alors réséquée et l’on pansait la plaie à plat ou bien on attendait que la g'angrène amène l’élimination de la partie liée. Ce procédé a été successivement décrit par A. Paré, Celse, Paul d’Egine et les médecins arabes. Saviard (1) l’a employé et après lui Desault.

Sabatier met en doute les succès obtenus par ce chirurgien. Scarpa ne considère pas l’opération comme exempte d’accidents graves et quelquefois dangereux. Astley Cooper partage cette manière de voir et W. Law-

(1) Obs. chirurg. IX.

rence dit (1) s’être assuré que la maladie était revenue, même dans plusieurs cas opérés par Desault et qu’il avait supposés guéris radicalement. Après qu’on eut discuté au long* ce sujet à la Société de médecine de Paris, l’avis général fut qu’on devait abandonner la ligature. Boyer pense de meme; mais Dupuytren pratiqua plusieurs fois la ligature de la hernie ombilicale chez les nouveau-nés.

Nous pourrions faire rentrer dans l’historique la description de la méthode de l’invagination, mais comme plusieurs de ses procédés ont encore été employés il y a peu d’années, nous préférons adopter la division de M, le professeur Le Fort dansle traité de médecine opératoire de Malgaigne qui place l’invagination à la tête des méthodes nouvelles.

(3) Traité des hernies, traduit de l’Anglais par P. -A. Béclard et J. Cloque t, 1813.

Les méthodes modernes, mises en usage pour la cure radicale des hernies, sont au nombre de quatre :

1° La méthode française ou de 1’invagination qui comprend tous les procédés imaginés depuis Gerdy.

2° La méthode anglaise ou méthode de Wood, vulgarisée en Amérique par Ch. Dowel, qui est caractérisée par l’invagination du sac, préalablement dénudé et par la suture des piliers.

3° La méthode allemande fait la suture ou la ligature du sac; puis, le résèque. Elle est ou non accompagnée de la suture des piliers.

Ces deux méthodes ont pour point commun l’emploi du pansement antiseptique.

4° La méthode des injections irritantes péri-herniaires employée en France par M. le professeur Luton (de Reims) et par Schwalbe, en Allemagne.

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