‹ Étude sur la Déclaration judiciaire de Paternité naturelleChapitre 4 sur 77 · HEURE · texte numérisé non relu

HEURE

peut exiger au moins des aliments où un métier qui. les lui fournisse.

Cependant une difficulté essentielle subsiste : une. dette, la plus respectable de toutes, est reconnue sans. doute, mais quels en sont les débiteurs?

À l'égard du père, l'art. 340 du Code civil répond : « La recherche de la paternité est interdite ». ; La mère est connue et si elle se dérobe, l'art. 341 permet de la rechercher judiciairement. C'est donc sur . elle que vont retomber toute la responsabilité et toute ; les charges. + Est-elle bien en mesure d'y faire face? La femme. seule gagne déjà difficilement sa vie dans bien des cas. La maternité complique singulièrement le problème. Les plus fortes, physiquement et moralement, surmontent l'épreuve. D'autres, plus faibles ou plus abandonnées, luttent vainement contre la misère et les tentations. La mortalité des enfants appelés à la vie dans ces conditions est effrayante. M. Coste-Floret, dans une “ thèse sur la recherche judiciaire de la filiation naturelle . publiée en 1907, a établi des tableaux comparant cette mortalité avec celle des enfants légitimes; elle est. presque du double : 73 contre 44% pour mille. Beaucoup de ceux qui survivent, sont exposés à tous les dangers d’une éducation dont la misère et la rue. Jont surtout les frais. On a signalé bien souvent le nou-. veau déchet social, infiniment dangereux, qui se produit par là: Assistance publique, hôpitaux, prisons, recueil- | lent trop souvent et trop tard mères et enfants (). |

(@) Voir: Louis ALBANEL: « Le crime dans la famille » (Rueff, éd. Paris, 1900), et Alfred Fourzrée : « Les jeunes criminels, l’école et la presse » (Revue des nr ones Le janvier 1897).

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La législation qui, pour des raisons que nous examinerons, permet ce lamentable gaspillage d’une richesse dont nous n'avons cependant pas lieu d'être prodigues, a provoqué des inquiétudes dont témoigne la longue bibliographie, certainement très incomplète, que nous avons dressée. Citons un passage de la lettre que l’un des plus illustres parmi les protestataires adressait, en 1883, à M. Gustave Rivet, alors député, et qui venait de déposer une proposition de loi tendant à la réforme de l'article 340 :

« Admettons, dit Alexandre Dumas fils, que parmi ces filles-mères, les unes soient allées à l'amour naturel comme les animaux qu'elles ont sous les yeux, en véritables brutes, sous l'impulsion purement organique et musculaire; que les autres se soient abandonnées par apathie, par curiosité, par dévergondage, par calcul; admettons que l'amant et la maîtresse ne vaillent pas mieux l’un que l'autre, admettons enfin tout ce que vous voudrez, le produit de cette double faute, l'enfant, le petit, le petit qui vient de naître, qui n'a commis aucune faute, il est toujours là, lui, innocent, dans l'impossibilité de se défendre et de pourvoir à ses besoins. Laissons donc de côté le père et la mère; quelles que soient nos appréciations philosophiques, ne nous occupons que du petit, et tâchons de trouver le moyen de le faire vivre, puisqu'il le demande, puisque c'est son droit, puisque c’est notre devoir de l'y aider à partir du moment où nous nous constituons en Société, au nom du christianisme tant invoqué par les uns, au nom du progrès et du développement social, tant invoqués par les autres ».

Alexandre Dumas semble avoir placé la question sur

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