‹ Étude sur la Déclaration judiciaire de Paternité naturelleChapitre 65 sur 77 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Critiquer est facile. Nous nous sommes efforcé de ne pas le faire par système. Les auteurs de la proposition de loi que nous avons étudiée dans cette dernière partie de notre travail ont des droits trop certains au respect de toute âme généreuse, pour que nous ne nous trouvions pas gêné de ne pouvoir applaudir sans réserve à leur initiative.

Nous convient-il maintenant d’avoir l'audace de proposer nous-même un texte à la critique ?

Si une nouvelle discussion approfondie doit s'engager dans l’une ou l’autre assemblée avant le vote définitif, maintenant imminent, nous ne pouvons avoir la suffisance de croire que de plus autorisés que nous ne seront pas nécessaires, et ne se trouveront pas, pour mettre en œuvre les matériaux que nous avons nousmême utilisés en partie seulement. À ceux-là, ce travail

individuel donnera simplement, nous ne pouvons espérer davantage, un nouveau témoignage et un reflet sincère de l’état de sentiments et de conscience d’une partie de la jeunesse de France, peut-être la mieux gardée des enthousiasmes irréfléchis, la plus tôt avertie des réalités, mais, pas moins qu'aucune autre, désireuse de toute la justice que des lois peuvent réaliser.

Si la loi doit être votée telle que nous l'avons critiquée, ou à très peu près, ce que l'injustice et la cruauté des maux engendrés par l’article 340 rend presque désirable, sinon probable, nous voudrions espérer avoir stimulé, dans la mesure de nos faibles moyens, l’œuvre urgente de réforme qu'appelleront les difficultés d’application, les insuffisances de cette loi, son manque d’harmonie avec les diverses dispositions de notre droit.

Quelles que doivent être, d’ailleurs, ces difficultés et ces insuffisances, si grave que soit ce défaut d’harmonie, la délicaté mise au point qu'ils nécessiteront fera pardonner ses lenteurs par le bien déjà fait.

Nous émettons presque un dernier vœu, en insistant sur cette délicatesse de l’œuvre à réaliser.

En effet, nous n’avons rien dit, comme sortant de notre sujet, de la maternité naturelle, ni de la situation des enfants adultérins ou incestueux, sinon en ce qui concerne ces derniers, que des législateurs modernes les traitent, sans dommage pour le mariage ni pour l'ordre, plus humainement que notre article 335.

La réforme de l’article 340, même réalisée selon nos vœux, ce que nous ne pouvons espérer entièrement, laisse subsister, dans la réglementation du sort des enfants nés hors du mariage, des inégalités, des com-

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