I I I TE DE TYCHÉ
son poids était de 247 drachmes. Bien que déposée dans le temple d'Apollon, elle était cependant offerte à Tyché. Dans l'inventaire du temple de Délos, on trouve une représentation d'Agathe Tyché offerte au dieu dans les mêmes conditions1. Une inscription trouvée au Pirée mentionne un fait du même genre : une statue de Tyché est dédiée à Aphrodite Euploia après une heureuse navigation : la déesse, selon toute vraisemblance, devait être figurée avec un gouvernail à la main 2; ailleurs, c'est à Dionysos que l'offrande est faite 3.
Les offrandes d'ailleurs n'étaient pas le seul moyen qu'on employât pour témoigner de sa dévotion à Tyché. On l'invoquait fréquemment dans les différentes circonstances de la vie, en accompagnant son nom de quelque épithète où l'on rendait hommage à son humeur bienveillante. La plus usitée était à-;af)r,. qui faisait pour ainsi dire partie inséparable de son nom. Comme il n'était guère d'acte dans la vie qui ne donnât lieu à implorer l'aide de Tyché ou à lui adresser des remerciements, l'expression à-^M, rj/r, était peu à peu devenue l'équivalent d'un adverbe. Les personnages d'Aristophane par exemple emploient indifféremment -r/r^ùz et i';y.brt tû/y] dans le même sens '. C'est sous la formule 'AvaOr, T^'/fi que les convives, en buvant le coup du Bon Génie à la fin du repas, se recommandaient aussi quelquefois à Tyché °. Les buveurs, d'ailleurs, égayés par le festin, dénaturaient parfois d'une manière plaisante les épithètes consacrées, sans crainte d'offenser l'obligeante déesse. Dans un dîner dont le récit est donné par Athénée, deux plats de lentilles ayant paru successivement sur la table, l'un sou^ forme de purée -r/.r, . et l'autre assaisonné au vinaigre, un convive
1. Monuments publiés par la Société des Et. grecques ■, 1878, p. In.