Id., Bitliynie. n
LES rYCHÉS DES VILLES ET LEUR CULTE 185
A quelle époque faut-il faire, remonter, pour la Grèce. l'usage d»- mettre ainsi chaque ville sous la protection d'une Tyché particulière? Cela est fort incertain. Comme ces Tychés des villes sont fréquentes sur les monnaies surtout à partir de la période gréco-romaine, on a pensé quelquefois qu'elles devaient leur origine à l'influence romaine '. 11 est certain qu'elles ont beaucoup d'analogie avec le génie tutélaire qui, dès le temps de la '2e guerre punique, recevait à Rome un culte public, etavec les génies de la colonie d'Ostie, de Pouzzoles. de Bénévent. etc. - Mais l'influence romaine u'est rien moins que nécessaire pour expliquer la naissance de ces 'fj/r. ïtoXswv. Il est à remarquer d'abord, que, en général, la religion romaine, au lieu de modifier les croyances des peuples qui vinrent se ranger successivement sous la domination de l'Italie, fut bien plutôt modifiée par elles. Sous le règne des Tarquins, Home lait déjà des emprunts a la Grèce îles livres sibyllins) et ces emprunts, une fois commencés, ne cessent plus: ils se continuent sous la république pendant les guerres puniques; c'est de l'Asie que vient la coutume de l'apothéose des empereurs; et du jour où Rome est en relations constantes avec l'Orient, les légions, au lieu d'implanter dans les Provinces les croyances romaines, en ramènent avec elles les cultes de l'Egypte, de la Syrie, de la Phénicie, et toutes les pratiques mystérieuses ou mystiques qui transforment si complètement, sous les empereurs, le vieux culte romain 3. De plus, la ressemblance entre les génies des cités italiennes et les Tychés des villes grecques est peut-être plus apparente que réelle. Ces dernières ont une sorte de caractère politique que les premiers n'ont pas; ce n'est pas seulement la prospérité de la ville qu'elles représentent, c'est la cité avec ses institutions, ses lois, -a destinée politique autant que matérielle. Aussi trouve-ton quelquefois Tyché et le Génie distingués l'un de l'autre