‹ Étude sur la déesse grecque TychéChapitre 148 sur 185 · Zonaras, XIV · texte numérisé non relu

Zonaras, XIV

G. Codinus, 48. Unger, op. laud., p. 163.

meurs qui allaient au large chercher leur chargement, la ville eût été réduite à la famine. On attribua le fail au mécontentement de Tyché ; on répara su statue, et les vaisseaux purent entrer dans le port comme auparavant. Pour bien s'assurer toutefois qu'on ne s'était pas trompé, on enleva de nouveau les pièces rapportées à la proue de T\ ché : les tempêtes ayant recommencé, on se hâta de les remettre en place, et les habitants de Constantinople furent plus que jamais convaincus de la toute puissance de leur Fortune '.

Un siècle plus tard, en (i02 ap. J.-C, lors des tragiques événements qui mirent Phocas sur le trône de l'empereur Maurice, si la Tyché de Constantinople sembla rester indifférente à celte sanglante révolution, il n'en fut pas de même de celle d'Alexandrie. Car, là aussi, Tyché avait conservé un temple dans lequel, jusque sous les derniers temps de la domination byzantine en Egypte, se maintint l'usagede placer les stèles de bronze contenant les lois urbaines 2. Le jour donc où éclata, la révolte des soldats du Danube en faveur de Phocas, un homme appelé Calligraphos vit, au moment où il passait devant le Tychaeon d'Alexandrie, les statues grecques et égyptiennes qui s'y trouvaient se mettre en mouvement, comme ébranlées elles-mêmes par cette commotion politique 3.

Au \\c siècle de notre ère, Tyché a encore ses dévots à Constantinople. Les partis politiques cherchaient à la gagner à leur cause, el Michael Uhangabé, sur l'ordre de sou beaupère l'empereur Nicéphore, lui taisait trancher les mains, pour réprimer les révoltes populaires qu'elle favorisait sans doute4. Enfin, l'empereur Bardas, une cinquantaine d'années plus lard, brisa la statue et la lit disparaître, sans peut-être mettre fin du même coup à la superstition qui l'avait si longtemps sauvegardée ■'.

11 est à peu près certain que Tyché ne se maintint pas

Page 1