‹ Étude sur la déesse grecque TychéChapitre 149 sur 185 · Codinus, 48. — Unger, op. laud., p. 1G · texte numérisé non relu

Codinus, 48. — Unger, op. laud., p. 1G

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aussi longtemps dans Les autres villes de l'Orient : là aussi cependant elle ne dut tomber en oubli que l'orl lentement.

Partout en effet, connut- à Gonstantinople, la religion chrétienne fut obligée de ménager cette croyance invétérée à la divinité du bonheur. Au lieu de la combattre, le plus souvent elle la fit tourner à sou profit : ou bien elle laissa subsister sans y toucher les temples de Tyché, qu'elle transforma, autant que possible, en une sorte d'ange protecteur de la \ilie en ajoutant à ses attributs ordinaires le signe de la rédemption: ou bien elle en changea la destination et en fit des églises chrétiennes. C'est ce qui arriva pour le sanctuaire de la Tyché d'Antioche, qui. moins heureuse que celle de Byzance, vit son histoire s.- clore au \ siècle sous le règne de Théodose IL Cet empereur fit exhumer du cimetière d'Antioche, où de pieux amis les avaient ensevelis, les ossementsde saint Ignace, mort sous la dent des bêtes dans l'amphithéâtre de Home, et ou les transporta dans le Tychaeum, qui vit se renouveler, en faveur du combattant de la foi et du martyr. 1rs honneurs autrefois " consacrés aux démons » L

Les Tychés des villes, même au temps où la croyance à leur divinité était assez vivace, furent fréquemment aussi considérées comme des emblèmes représentant les cités qu'elles protégeaient. <>n ne peut nier qu'il n'en soit ainsi pour la plupart de ces figures tourelées qu'on rencontre sur les monnaies des empereurs romains frappées en Orient. Les déesses des villes recevaient le plus souvent des artistes des attributs propres à rappeler d'une manière allégorique les pays qui les honoraient, et il est tout naturel qu'elles soient devenues elles-mêmes de simples allégories. L'usage des monnaies fut pour beaucoup dans l'affaiblissement de la dévotion aux Fortunes des villes; on finit par révérer avec moins de piété ce qu'on ('-lait trop habitué à voir partout et toujours: la signification religieuse des effigies s'effaçait, pour ainsi dire, avec l'empreinte elle-même.

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