‹ Étude sur la déesse grecque TychéChapitre 15 sur 185 · Pindare, Olyrtyp., XI · texte numérisé non relu

Pindare, Olyrtyp., XI

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un temple de la Fortune? Les textes ne nous en parlent pas: mais les monnaies de cette ville reproduisent le type de cette divinité 1. L'existence du temple, dvi moins dans le voisinage des Thermes est donc probable, et l'ode dePindare fut sans doute chantée par le chœur qui portait à Tyché la couronne olympique gagnée par le vainqueur. On ne peut s'empêcher de remarquer également la coïncidence de la présence de Tyché à Himère et de l'existence des eaux thermales qui avaient rendu cette ville célèbre. Ces eaux thermales s'appelaient les Bains des Nymphes; les Nymphes, disait-on. avaient fait jaillir les eaux en faveur d'Hercule. Ne semble-t-il pas que nous trouvions ici confondus dans une étroite union le caractère le plus antique et le plus pur de notre déesse, de la nymphe d'Hésiode, la gracieuse et aimable tille de l'Océan, apportée peut être en Sicile par les Messéniens fugitifs 2, et la physionomie nouvelle qu'elle reçoit du développement de cette jeune cité qu'un mouvement invincible d'expansion attire, comme Zanclé sa 'métropole, de la terre sur les flots, et qui ne demande plus sa prospérité qu'à la mer et aux vaisseaux? A Himère nous assistons pour ainsi dire à cette métamorphose presque insaisissable de Tyché, qui dut se produire encore sur beaucoup de points de la Grèce par suite des mêmes circonstances. C'est ainsi, par exemple, qu'à Sicyone nous trouvons réunis sur l'Acropole un temple de Tyché et un temple des Dioscures, qui furent plus tard confondus avec les Cabires tout puissants de Samothrace et qui déjà, dans un hymne homérique3, apaisent la tempête et sont pour les matelots un gage d'heureuse navigation.

1. Mionnet, nos 267, 268, 269. Voir surtout les n0§ 283 et 284. Ces deux dernières médailles portent sur le revers, avec la légende Qspfitrxv, la première, une femme debout, voilée et coiffée d'une espèce de tiare, tenant de la main droite une patère, et de la main gauche une corne d'abondance ; la deuxième, une femme avec une semblable coiffure, des épis dans la main droite et une corne d'abondance dans la main gauche.

2. Himère, fondée en 639 par une colonie de Zanclé, qui elle-même avait reçu, une cinquantaine d'années auparavant, des Messéniens fugitifs après la seconde guerre de Messénie .

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