Arch. Zeitung, 1SGG, p. 255 sqq
et le modius? Ce sont là les attributs de la Fortune prise dans son sens le plus général. Evidemment, il fallail aux habitants d'Antioche quelque chose de plus précis ; il leur fallait un portrail ou tout au moins une figure allégorique très claire de leur ville, et l'opinion la plus commune, qui voit dans la Tyché assise au-dessus de l'Oronte la copie de l'œuvre d'Eutychidès, a beaucoup de* chances d'être aussi la plus vraie. — Mais une autre conclusion à tirer de cette médaille, c'est que, à l'époque d'Alexandre Sévère, le type de la Tyché d'Antioche servait déjà d'emblème, et que parfois on n'attachait plus à celle figure aucun sens religieux. Le type est. pour ainsi dire, dédoublé ici; la divinité de la ville est représentée par la femme au gouvernail et à la corne d'abondance ; quant à la ligure assise sur le Silpius. elle ne représente plus que la ville elle-même avec ses murs et ses tours, son fleuve et les montagnes qui la dominent : l'empereur et la Fortune couronnant la ville (et non pas la déesse de la ville) tel est évidemment le sens de la composition. Dans cette Tyché sur l'Oronte, nous n'avons plus qu'une pure figure allégorique, tout à fait analogue à celles par lesquelles nous représentons souvent nos villes modernes. La monnaie est du 111e siècle de notre ère. Mais comment déterminer avec quelque précision à partir de quelle époque le fait qu'elle atteste a commencé à se produire? Est-ce beaucoup plus tôt? Sur une monnaie d'Edesse. de l'époque de Caracalla, on voit deux tètes féminines, tourelées et voilées, qui rappellent la tète de la Tyché d'Antioche, et qui peut-être sont là seulemenl pour représenter l'une la ville supérieure, bâtie sur des collines, et l'autre la ville inférieure, située sur les bords du Chaboras ' ; car rien ne fait supposer qu'il y ait eu deux déesses Tyché à Edesse. De même, on peu! déjà considérer comme un simple emblème, sur une monnaie de Corinthe frappée sous le règne de Néron, la ligure qui avance la main