Miiller-XVieseler, Benkm. I. pi. XLIX. vfi J-20, g
22(i CHAPITRE III
« nité tourne le gouvernail de notre destinée '. » Il n'y aurait rien d'extraordinaire d'ailleurs à ce qu'un peuple aussi familiarisé que les Grecs avec le spectacle de la mer, si peu souvent semblable à elle-même, eût imaginé cet attribut.
Une fois adopté par les villes de Grèce et d'Asie, le gouvernail fut constamment donné à Tyché, et on le retrouve sur presque toutes les monnaies grecques du temps de l'empire qui représentent la Fortune. Cette divinité tend alors de plus en plus à perdre son caractère personnel, à devenir une simple allégorie, et les Fortunes romaines qui se répandent en quantité innombrable ne sont plus que des figures décoratives, remarquables surtout par l'arrangement et la somptuosité des draperies, par l'amoncellement des attributs, mais le plus souvent sans expression, vides de sens et d'idée 2.
On parle souvent de la roue de la Fortune; c'est la plus usitée de toutes les métaphores quand on veut exprimer tout ce que cette divinité a d'inconstant. Symbole de versatilité et de volubilité, la roue se rencontre souvent dans ce sens auprès de Némésis, la déesse aux soudains retours 3. Mais elle n'est que très rarement attribuée à la Fortune dans les monuments, et ceux où on la rencontre sont de l'époque romaine 4. La Tyché grecque ne partage jamais cet attribut avec Némésis, à moins que les deux déesses ne soient identifiées, comme sur une monnaie de Tium ou Tios, en Bithynie ■■'. Sur cette médaille, dont la fabrique, d'après Visconti,