‹ Étude sur la déesse grecque TychéChapitre 24 sur 185 · Ici · texte numérisé non relu

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6. Voir par exemple ce que'dit Homère d'Até et des Prières. Voir sur les divinités nominales dans Homère, H. Monin : la Notion abstraite de Force divine dans l'Iliade (Critique philosqph., nouv. série, n° du 31 mai 1£S6).

trouve chez lui le Prétexte l, la Bonne Humeur 2, la Vérité *, la Tranquillité*, etc.

Ces personnifications de conceptions abstraites représentaient-elles pour les vieux poètes qui en sont les auteurs des divinités réelles? On pourrait être tenté de le croire en voyant Epiménide faire élever à Athènes un temple à l'Injure et à Ylmpudence. Peut-être n'étaient-elles cependant pour eux qu'une façon plus poétique de s'exprimer. Quoi qu'il en soit, le peuple, qui savait leurs œuvres par cœur, ne dut point le prendre ainsi. Il lit de ces créations toutes morales des êtres réels qu'il assimila aux dieux qu'il connaissait déjà; il les invoqua comme il invoquait liera et Athèna, les revêtit de formes sensibles, et les artistes leur élevèrent des sanctuaires et des statues 5.

L'une de ces abstractions divinisées fut précisément la déesse Tyché. Il est inutile de chercher dans les poètes du vne et du vie siècles l'océanide, la nymphe des campagnes fertiles; on ne l'y trouverait pas sous les traits si nets que nous avons indiqués précédemment. Elie a complètement changé de nature et de caractère. Son type un peu étroit s'est élargi; elle est devenue la déesse du bonheur présidant aux actions humaines en général et en assurant le succès. C'est une personnalité nouvelle qu'elle a revêtue, plus générale et plus haute, si bien que cette sorte d'épuration de la mythologie, qui semblait devoir la faire disparaître, n'a fait au contraire que lui donner une importance et une dignité plus grandes en étendant ses attributions. Nous la trouvons sous sa forme nouvelle dans un fragment d'un lyrique du vnc siècle : « Tyché, dit Alcman, sœur d'Eunomie et de Pi-

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