Varice histor. II
2. Pausanias VII. 26. 'Eyw fikv euv ïltvSxpov rx ts y.'/',y. -i'iOoy.y. ->, tuàft xxl >htp«v tî trjv.i /lixii ~r,j Tj/y,j /y.i. iiîrâp ~x~ v.oi/^v.ç ri It/jim.
3. Plutarque de Fort. Rom. ch. 4 : où /a.s-j yàp xtki8t,ç, /y-y. lltvôapov, oùSî oi- Su/iov GTf>éftn><fx -f,r,y.'iwj... (snrnônjs, conjecture de Reiske pour
4. Cité par Stobée, qui attribue le fragment à Eschyle {Ecl. physie. tome I, p. 199, H). L'authenticité en a d'ailleurs été contestée.
« donnes la gloire aux travaux des humains; de toi nous « vient le bien plus souvent « j i m ■ le mal, et la grâce brille « sur ton aile d'or; ce « j u<* le plateau de ta balance nous « accorde est ce qui peut être le plus heureux pour nous; « tu mets fin à nos embarras, lu nous guides dans 1rs ténè- « bres, tu es la meilleure des déesses. » Ainsi le malheur peut nous venir aussi de Tyché, bien qu'elle soit surtout seeourable. Mlle a comme attribut une balance, dont les plateaux s'abaissent tour à tour ] et son aile d'or, toute gracieuse qu'elle est, n'en est pas moins le signe de son humeur ehangeante. Ailleurs 2, les dés, instrument et symbole du hasard, sont aussi nommés par Eschyle à côté de Tyché. Sophocle t'ait allusion à l'inconstance de Tyché dans de nombreux passages 3 et la divinité secourable dont Œdipe se proclame le fils avec tant de confiance, pourrait avec raison être accusée d'abandonner son favori dans le moment où son aide lui eût été le plus nécessaire. Le langage usuel, enfin, en employant le mot tù/y) pour désigner indifféremment les événements heureux ou malheureux, fixe définitivement ce nouvel aspect de la déesse, qui conservera jusqu'au bout, à travers ses transformations successives, l'inconstance comme un de ses traits dominants.
Tyché dispensatrice des maux et des biens, et bouleversant d'une manière soudaine les existences qui semblent le
1. Cl. Septem v. 22 : xxi vv-j </-■) e's rô5' ?,//.«f su pén&i Bsàç, vers dans lequel Heirasœth, au lieu de dsôç, propose de lire -v/r, (Esch. Edit. Weil, vol. 11. p. 7, note 22). 11 est à remarquer que les artistes ne se sont pas inspirés de la description d'Eschyle pour les représentations de Tyché. A la balance ils ont préféré le double gouvernail, symbole non moins expressif et sur le sens duquel il est impossible de se méprendre. La balance pourrait être, et est en effet, plutôt le symbole de l'équité. — On peut rapprocher de ce fragment d'Eschyle les vers des Perses (:>I">) : kW «5s Sxlpcav r«s xxTifdîips irparôv,
-y./y.-JX'J. Ppianç Cij/ iaoopOTCU ~j/C-
2. Agamemnon. v. 333 : w; i/^-z-r,^ îis-kxuvj ~->//.i rtâ/ov. Dans Vlliade, quand les Grecs vonl tirer au sort le nom de celui qui doit être l'adversaire d'Hector, c'esl /eus qu'ils invoquent pour qu'il désigne Ajax, Diomède ou Agamemnon. Cf. Démosth. Midienne 14. To su/iïxv xitb r/ïs ~J7J,-, en parlant du tirage au sort". Cf. Euripide, frag. 142 : b rr.ç ~jy/,i nxïs xk/jpos.
3. Arttigone 1182 : ènl %ùpov rûz>3s; Œdipe Roi 254, 441; Œdipe, Col- 1024, etc.
plus solidement établies, peut être rapprochée d'une autre déesse que connaît aussi Pindare, et qui, adorée seulement dans Un petit canton de l'Attique, à Hhamnonte, devait prendre plus tard une extension considérable l. Cette déesse, Némésis, offre en effet avec Tyché des analogies : toutes les deux sont jalouses; et c'est contre les grands qu'elles paraissent de préférence exercer leur puissance en les abaissant et en domptant leur orgueil. La crainte de Némésis et la pensée de Tyché pouvaient aussi produire sur les âmes des effets analogues et pareillement salutaires : en prévision du malheur auquel nul ne peut se flatter d'échapper un jour, l'homme, dans la prospérité, est naturellement porté à se montrer modéré, à fuir l'insolence et la présomption, à témoigner aux déshérités de la fortune une bienveillance et une sympathie dont lui-même peut avoir besoin pins tard. Les deux divinités cependant restent profondément distinctes. Dans sa rigueur inexorable, Némésis est encore la fille de Diké. Moins dure que la fatalité, elle ne sévit que lorsque la loi morale a été manifestement violée, qu'il y a un excès à réprimer; mais alors elle sévit nécessairement; c'est pourquoi ses arrêts peuvent, jusqu'à un certain point, être prévus, et l'on voit les personnages tragiques signaler à son courroux l'injustice et l'insulte 2. Déesse vengeresse avant tout, c'est toujours un malheur qu'apporte ÏSémésis, et un malheur mérité. Pour que Tyché fasse sentir sa colère, il n'est pas nécessaire qu'une faute ait été commise, elle n'agit que d'après son caprice du moment; il est impossible de conjecturer ses actes à l'avance ; car elle se plaît précisément à dérouter les prévisions humaines, à faire échouer 1rs plans les plus sagements conçus, comme à réparer d'une manière inespérée les erreurs de notre sagesse aveugle. Si ses décrets se trouvent quelquefois d'accord avec la justice, ce n'est pas qu'elle l'ait voulu, ce n'est qu'une rencontre for-
1. Voir la thAse de M. Tournier sur Némésis. (Paris, Durand. 1863.)