CHAPITRE iV Tvchk et l'idée de Providence
L'idée de la Providence dans la religion grecque au v" siècle. — Tyché par son caractère se prête mieux que les autres divinités grecques à personnifier la Providence. — L'u-t-elle personnifiée à quelque moment ? — Traces de cette personnification dans Pindare, — Quanti Tyché sert à exprimer l'idée de Providence, elle perd sa personnalité. — Raisons de ce fait. — Tyché dans Euripide; dans Thucydide. — Elle représente chez eux tantôt l'idée abstraite du hasard, tantôt Yaction de la Providence.
Les Grecs n'ont pas attendu Platon pour avoir l'idée de la Providence ; avant que le disciple de Socrate eût éloquemment exposé dans les Lois que Dieu n'est pas indifférent au sort de l'homme et qu'il prend soin de la pins parfaite de ses créatures ', la Providence avait été pressentie du inonde hellénique. Cette conception religieuse est, à vrai dire, de celles auxquelles il n'est pas possihle d'assigner une date dans l'histoire d'un peuple. Du jour où l'homme, quel que soit le sentiment qui le guide, imagine des êtres surnaturels, il leur suppose nécessairement une inllnencc sur sa destinée, et l'idée de la Providence naît du même coup, s'affirmant avec plus (h; force et de netteté à mesure que les siècles s'écoulent et que la raison s'éclaire. A plus forte raison cette idée n'est-elle pas étrangère aux Grecs du v" siècle avant notre ère, le plus pieux peut-être de toute l'histoire de la Grèce. A ce moment, en effet, la foi dans les vieilles divinités nationales n'avait encore subi aucune atteinte sérieuse ; elle était au contraire devenue plus fervente que jamais. Sauvée du joug des barbares. Athènes dans un élan de reconnais-