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:î. botvoXièr, 9pôp.6ov (Eumènides, 164.)
54 CHAPITP.E IV
lité, contre laquelle la conscience commençait à réagir. Sans doute celle bienveillance exagérée d'Agathe Tyché et l'humeur par trop volage que lui prêtait la croyance populaire n'étaient pas 1res conformes à la justice el à la gravité qu'on est en droit de réclamer d'un être divin. D'une exagération on était tombé dans une autre. Mais sous l'influence de ce besoin d'harmonie et de mesure qui distingue l'esprit grec, ces deux traits du caractère de Tyché pouvaient s'adoucir sans disparaître; ils pouvaient perdre ce qu'ils avaient d'excessif et de choquant pour la saine raison, et, se fondant en un harmonieux ensemble, donner naissance à une conception nouvelle de la déesse. Sa bonté irréfléchie devenait alors une sollicitude intelligente tenant compte aux hommes de leur mérite personnel et de leurs efforts, indulgente pour leur faiblesse tout en se conformant aux lois de la justice; sa volonté par trop changeante s'imposait les limites d'une liberté qui peut rester d'accord avec l'ordre universel et n'exclut pas la loi.
Tyché a-t-elle jamais été réellement conçue de cette manière? A-t-on fait d'elle, à un certain moment, la Providence? Il semble que Pindare y ait songé, lorsque, dans l'hymne en l'honneur d'Ergotélès dllimère, il la donne comme fille de Zens l-. On sait avec quelle liberté ce poète modifiait les traditions relatives aux héros et aux dieux, rejetant de parti pris celles qui sont offensantes pour leur dignité 2. De là à en inventer de nouvelles qui donnent d'eux une idée plus haute, il n'y a qu'un pas et peut-être ce pas le fait-il ici. En renonçant à la tradition hésiodique qui présente Tyché comme une fille de Téthys et de l'Océan et en faisant d'elle la fille de Zens, il n'est pas impossible qu'il ail voulu précisément personnifier en elle l'idée de la Providence. Tille de Zens. Tyché représenterait alors l'action exercée sur le monde par le dieu suprême de tous les êtres,