‹ Étude sur la déesse grecque TychéChapitre 42 sur 185 · Ewncuides, 003, sqq · texte numérisé non relu

Ewncuides, 003, sqq

TYCHÉ ET L'iDÉE DE PROVIDENCE 57

nouvelle de la perte de Nicias et de son année. Hégémon de Thasos se moquait devant le public athénien de la légende et des dieux d'Homère l: et les poètes comiques ne tardaient pas à suivre son exemple dans leurs parodies mythologiques 2. Quand les figures et les types légendaires n'étaient pas ridiculisés, le mal était encore plus grand, car la raison se mettait de la partie et cherchait aux aventures fabuleuses de l'Olympe des explications sensées qui en détruisaient tout le côté merveilleux et divin 3. Ajoutez à l'influence du théâtre celle des sophistes et des philosophes 4, qui tous s'accordent à battre en brèche par le raisonnement ou le ridicule les croyances populaires : influence plus puissante encore que celle de la scène, quoique plus insaisissable ; car elle était continue et s'exerçait surtout sur les natures intelligentes. Socrate lui-même n'agissait-il pas, sans le vouloir, dans le même sens que les sophistes, en éveillant l'esprit d'examen chez ses interlocuteurs, en les amenant à faire subir à leurs idées religieuses l'épreuve à laquelle il soumettait leurs principes moraux? Or, quelle pouvait être la conclusion de leurs réflexions appliquées à ces légendes dont le vrai sens s'était perdu et qui ne tenaient plus debout, sinon la négation complète ou tout au moins le doute? De tous les oisifs qui se plaisaient à ces discussions au coin des rues ou dans les gymnases, combien ne conservaient des leçons du maître qu'une tendance à la chicane et aux raisonnements captieux! L'enseignement des sophistes avait produit Diagoras de Mélos, le poète impie qui brûla

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