TYCHÉ F.T L'IDÉE DE PROVIDENCE
« <|u*il dépend uniquement de te rendre le palais et les états « de ton père ». dit un ami à Oreste avant le meurtre de Clytemnestre l. « Pour ce qui est d'Egisthe ». dit aussi Oreste à sa sœur, « la Fortune favorisera mon entreprise. — Electre : « Puisse-t-elle nous seconder tous deux » 2. Mais mu peut hésiter à reconnaître ici l'Agathe Tyché, quand on rapproche ces passages d'autres beaucoup plus importants et plus explicites, où semble exprimée la véritable opinion du poète sur la nature de Tyché et sur la part qu'on doit lui attribuer dans les affaires humaines. Le héraut Talthybius vient faire à Hécube le récit de la mort de sa fille Polyxène. Il s'adresse au chœur : « Jeunes filles de Troie, où trouverai-je « Hécube, celle qui fut la reine d'Ilion? » Le chœur: c< La voici « près de toi, Talthybius, couchée sur la terre et enveloppée a dans ses vêtements. — Talthybius : ô Zeus que penser? « Est-il vrai que tu veilles sur les hommes, ou bien n'est-ce « qu'une opinion raine et mensongère, quand /ions croyons « qu'il y a des dieux, et Tyché préside-t-elle ù toutes les « affaires des hommes? » 3. On reconnaît dans la forme interrog*ative donnée à la pensée l'état de doute et d'incertitude habituel à l'âme d'Euripide. Mais, quoi qu'il en soit, ce n'est plus ici l'Agathe Tyché de Sophocle, opposée au dieu clairvoyant et sage ; Tyché est devenue purement et simplement le hasard, c'est-à-dire quelque chose d'indéterminé et d'insaisissable, sans corps ni figure: elle a perdu toute personnalité, elle n'a plus rien de divin; on a tort de croire qu'il y a des dieux, dit en propres termes le poète: et aux dieux, il oppose un être qui n'est pas de leur nature, qui n'a rien de commun avec eux et qu'il ne peut ni ne veut définir : le hasard.
Est-ce là l'opinion définitive d'Euripide? Tyché, entendue