‹ Étude sur la déesse grecque TychéChapitre 49 sur 185 · Ibid., IV, 12. U To^zi zi jcspiéerr, f, rwjpj, wsts /t · texte numérisé non relu

Ibid., IV, 12. U To^zi zi jcspiéerr, f, rwjpj, wsts /t

nous cherchons la trace. Thucydide y expose tout au long la politique cruelle et injuste de ses compatriotes, fondée uniquement sur la force et l'intérêt, pour lui opposer la politique du droit et de la justice, que représentent les Méliens. Suivant son habitude, il n'indique par aucune réflexion personnelle de quel côté penchent ses sympathies; mais il n'est pas indifférent dans le débat. Il prête aux députes athéniens une arrogance et presque un cynisme de langage qui les rendent odieux et aggravent encore leur injustice et leur tyrannie. Le langage des Méliens, au contraire, est plein de mesure, d'équité, de gravité religieuse, et l'impression finale que laisse tout le morceau, c'est que l'auteur est ici du parti du plus faible et que la politique de ce parti est celle qu'il approuve l. 11 n'est donc pas téméraire de croire que l'auteur lui-même partageait les idées et les sentiments des Méliens et de mettre à son compte les considérations qu'ils opposent aux prétentions d'Athènes. Parmi ces considérations, il en est qui sont d'un ordre purement religieux. Trop faibles pour résister à la puissance d'Athènes, peu certains d'être secourus par leurs alliés les Lacédémoniens, les Méliens font appel à la Providence et s'en remettent à elle du soin de défendre leur cause qui est juste, contre un ennemi qui viole les lois de l'équité : « Nous regardons « comme difficile de lutter contre votre puissance et votre for- <i tune ; il nous faudrait pour cela des armes égales. Mais nous « avons l'espoir que l'intervention divine (ty) tu/y] ex. toj Oe(ou) « empêchera notre défaite, car notre cause est juste et la « vôtre est injuste » 2. Il est évident qu'ici tu^yj n'est plus le basard, c'est-à-dire une force insoumise, aveugle et inconstante ; elle dépend de la divinité, elle est, comme dans le

1. Cf. I. ch. 76 où les députés athéniens opposent à la domination tyrannique de Sparte, la domination athénienne plus humaine et plus juste. L'auteur l'ait gloire à sa patrie de ces principes de justice et d'équité auxquels les circonstances la forcèrent plus tard de renoncer; ce sont les mêmes principes que défendent ici les Méliens.

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