Demoslh. Discours sur la Couronne. 1 et 324 Eilit. Weil
2. Le décret disait : ènuiii ScecrsJteî Aii/toe0sv>jj î A/ rôv Ewvotxy iU Tr,'j noArj èïztSeticJOfievos •?/. {~i-' tzso., :- - -■ litrne 33, i
tuée à les entendre prononcer dans des circonstances solennelles contre de grands criminels, contre des traîtres à la patrie, et que par conséquent ils devaient produire sur l'imagination des auditeurs un puissant effet en les amenant sans qu'ils s'en doutassent à confondre dans une pensée commune Eschine, l'adversaire détesté, et les citoyens coupables dont ils avaient coutume de maudire les noms '? Eschine nous fournit également des témoignages précieux, où l'on surprend avec plus d'évidence encore, parce qu'il est moins habile que son rival, et que souvent le procédé prend chez lui la place de l'éloquence, combien l'invocation des dieux officiels dans ces discours prononcés devant le peuple était souvent peu sincère et comment elle avait fini par devenir un moyen oratoire. Le souvenir de Minerve, la plus grande des divinités d'Athènes, ne lui inspire qu'un morceau déclamatoire du plus mauvais goût 2, et dans la péroraison de son discours contre Ctésiphon il oublie tout-à-fait les dieux traditionnels; il se livre à des innovations impies dans une froide apostrophe à des divinités abstraites, sans craindre de soulever l'indignation du peuple qui l'écoutait : « Pour moi ô terre, ô soleil, « ô vertu, ô intelligence, ô science qui nous fais distinguer « le bien du mal, j'ai secouru la patrie, j'ai dit 3. »
Ce qu'il y a de certain c'est que les dieux invoqués par Démosthène au commencement et à la fin de son plaidoyer sont laissés par lui au second plan dans tout le cours de l'argumentation, et que la seule divinité dont il voie et dénonce la main dans les affaires de la république et dans les siennes propres, c'est la Fortune. « Mes décrets, ma politique, mes « conseils, si vous les examinez sans envie, ô Athéniens, « vous n'y trouverez que raison, que justice ; les occasions, « je ne les ai ni négligées, ni méconnues, ni livrées; tout ce
1. Voir la formule citée par Weil dans >;i note, et empruntée à Westermann qui lui-même cite Keil, Sched. èpigr., 36 : ï£,'l)\r,t /.v.i tizïw//;; êirw... xk< ;>r.-=-
jr, p'J.Tf\ XVTÔb, JAYITi Oilç/.'jiy. TT/'jJTÀ.
'I. Ksrhine, Discours contre Ctésiphon, 150. :i. Eschine, ibid., tin.