Olynthienne II
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dans les épitaphes sans accompagnement d'aucune épithète indiquant la destinée d'un particulier. Parmi les nombreux exemples que fournit le Corpus, qu'il nous suffise de citer l'inscription qui fut mise sur la base de la statue d'Aristote après sa mort. Cette statue lui avait été élevée de son vivant par Alexandre l. Après la mort de son élève, le philosophe s'était retiré à Chalcis afin d'éviter les poursuites de ses ennemis, les démagogues d'Athènes, et avait, dit-on, mis fin lui-même à ses jours pour enlever aux Athéniens l'occasion de commettre une injustice de plus. L'inscription fait allusion à cette retraite et à cette mort volontaire : « Ce n'est pas « la Fortune qui t'a vaincu en t'emportant dans le plateau « penché de sa balance funeste; tu as évité la violence « meurtrière de tes ennemis par la manière dont ta mort a « mis lin à tes jours ; peu parmi les hommes qu'on range « auprès des dieux, ont suivi ton exemple. Aussi, plein d'admi- « ration pour son maître dans l'art de la sagesse, Alexandre « a fait élever la statue de cet homme illustre, de ce dieu » 2. Pour nous, ces Fortunes diverses ressemblent beaucoup à des abstractions, et nous avons quelque peine ;\ concevoir qu'on ait pu en faire des êtres divins. Aux yeux des Grecs, cependant, l'on n'en peut pas douter, elles étaient réellement des divinités concrètes. Ils avaient plus que tous les autres peuples le sentiment de la vie, et leur imagination éprouvait le besoin de donner à toutes leurs conceptions des formes sensibles et précises auxquelles ils prêtaient la volonté, la pensée, la passion. De là vint la personnitication de ces Fortunes multiples, dont le nombre infini n'avait rien qui put les étonner, habitués qu'ils étaient déjà, par leur religion nationale, à adorer comme des dieux toutes les forces de la nature et tous les aspects de la vie humaine. Les inscriptions et les textes prouvent d'une façon surabondante qu'ils ne