‹ Étude sur la déesse grecque TychéChapitre 63 sur 185 · Pausanias II · texte numérisé non relu

Pausanias II

TVCHÉ ET L'iDÉE DE HASAHD 85

Athènes même, bien qu'Athèna fut identifiée avec la Fortune de la cité, il y avait cependant un temple dédié spécialement à Agathe Tyché qui, là comme ailleurs, avait selon toute vraisemblance, perdu sa signification ancienne pour devenir simplement soit la déesse du hasard, soit, ce qui est plus probable, la divinité protectrice de la ville; et si Ton continuait à l'appeler la Bonne c'est que sa bienveillance pour Athènes était inépuisable. C'était une croyance très ancienne, qu'elle se plaisait à réparer les fautes où la légèreté des Athéniens les entraînait. « Une vieille tradition », lit-on dans Aristophane, « dit que toutes nos sottises et toutes nos « folies tourneront toujours à bien pour nous 1. » — « La For- « tune, dit aussi Démosthène, veille sur nous bien mieux « que nous-mêmes 2. »

Les monuments nous fournissent beaucoup moins de renseignements pour ce qui regarde les Fortunes individuelles et leur personnification. 11 est certain cependant qu'on les considérait aussi comme des divinités réelles. On trouve souvent dans les textes, accolées Tune à l'autre, les deux expressions oaijjuov et ~ùyrt pour exprimer une seule et même idée, celle d'un dieu qui l'ait la destinée d'un individu 3. Dans une inscription du milieu du 111e siècle, les Magnésiens, faisant alliance avec les habitants de Smyrne leurs voisins, jurent par tous les dieux et par la Fortune du roi Séleucus 4. Vers le milieu du ive siècle, on trouve également mentionnée dans une inscription la Fortune du roi des Perses 5. Elien, dans ses Histoires cariées, défend la renommée d'Alexandre

1. Aristoph. Assemblée des Femmes, v. 47^. Ci. Nuées, v. 587.

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