‹ Étude sur la déesse grecque TychéChapitre 73 sur 185 · Mënaudre, Fragm. Didot p · texte numérisé non relu

Mënaudre, Fragm. Didot p

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Nous traduisons un peu différemment de la version latine de Didot. Le vérita-

TYCHÉ ET L'iDÉE DE HASARD 99

« voyance des mortels n'est qu'une fumée, un vain mot. « Croyez ce que je dis, au lieu de vous indigner. Tout ce « que nous pensons, disons, faisons, dépend de la Fortune; « nous ne sommes qu'enrôlés sous ses ordres. Oui, la For- « tune gouverne tout, c'est à elle, à elle seule, qu'il faut « donner le nom de sagesse et de Providence divine, si l'on « ne veut pas se payer de vains mots. » Ménandre, qui était, comme on sait, un admirateur fervent d'Epicure, tait-il ici allusion à la théorie stoïcienne sur l'âme universelle du monde [t.vijij.x ôsîcv) et sur la Providence, et se propose-t-il seulement de combattre les doctrines nouvelles que l'austérité, la hauteur et presque la morgue de l'école nouvelle rendaient suspectes aux esprits moyens? On ne saurait le décider, car rien ne nous indique avec certitude dans la bouche de quel personnage se trouvait placé ce fragment et quel sens définitif il convient de lui donner l. Mais alors même qu'on verrait dans ce passage la boutade d'un esprit ignorant se refusant à remplacer l'influence universelle de la Fortune par la sollicitude éclairée d'une intelligence divine. la croyance populaire relative au hasard dut. selon toute vraisemblance, subir quelques modifications heureuses, par suite même de sa lutte avec la doctrine qui était en opposition avec elle. En tous cas, elle servit à en assurer le triomphe, en contribuant pour sa part, quoique dans un esprit tout opposé, à la destruction du polythéisme.

En définitive, si le culte de la Fortune et du hasard a eu des inconvénients et de fort graves; s'il a favorisé, dans une large mesure, la mollesse, l'esprit d'indiiïerence et d'égoïsme qui furent une des causes de la décadence et de la servitude de la Grèce; s'il contribua à faire disparaître les vertus civiques et nationales ; si enfin l'irréligion et l'incrédulité trou-

ble sens de avpèfov nous semble donné par le rapprochement avec y.vêspv&v et pat un vers d'Anaxandride, dont on peut rapprocher ce passage: TOV ykp rj'iv./.x G?si&st Saifiot-J Ixâçrw,

(Anaxandride, fragm. Didot, p.

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