Lois. X
mier moteur, c'est l'àme. substance qui a la faculté de se mouvoir elle-même sans impulsion venue du dehors, et qui imprime le mouvement à tout le reste. Habitant tout ce qui se meut. L'àme habite le ciel et le gouverne par les qualités qui lui sont propres, c'est-à-dire la volonté, la réflexion, la prévoyance, le raisonnement l. Cette âme, ou plutôt ces âmes, car Platon semble en admettre une pour chacun des globes enflammés du ciel, sont, comme celle de l'homme, invisibles, et l'on ne peut savoir sous quelle forme, par quel moyen elles dirigent les révolutions des astres. Mais ce qui est certain, « c'est qu'elles sont parfaites en tout, et qu'elles « sont des dieux, soit qu'elles habitent dans des corps, et « que, sous la forme d'animaux, elles lassent régner l'ordre « dans tout le ciel, soit qu'elles emploient d'autres moyens ; « et ainsi l'univers est plein de dieux » 2.
Mais les dieux ou le dieu de Platon n'est pas, comme celui d'Aristote, un être purement métaphysique; ce n'est pas seulement l'intelligence en contemplation devant elle-même, immobile au centre de l'univers et entraînant dans un mouvement régulier, par une attraction dont elle n'a même pas conscience, tous les êtres de la nature. Si les dieux sont ho-v norés des hommes, c'est que leur nature a avec la nôtre de l'affinité 3. Avec la science, ils ont la bonté, la prévoyance ; seuls, les vices qui sont notre partage ne sauraient être imputés aux dieux : la négligence, la paresse, la mollesse n'existent pas en eux. Aussi les soins des dieux s'étendentils à tout. Ils voient et entendent tout; ils sont aussi tout puissants et leur providence peut, sans fatigue et sans difficulté, embrasser les plus petites choses aussi bien que les plus grandes : « Gardons-nous de regarder Dieu comme in- « férieur aux ouvriers mortels. Ceux-ci, plus ils excellent dans « leur art, plus ils s'appliquent exactement à finir, dans les « ouvrages qui les concernent, les grandes et les petites par-