‹ Étude sur la déesse grecque TychéChapitre 76 sur 185 · Lois, liv. X, ch · texte numérisé non relu

Lois, liv. X, ch

« tics. Ne disons donc pas que Dieu, qui est très sage, qui « veut et peut prendre soin des choses, n'en prend au- « cun des petites, dont il lui est plus facile de s'occuper, et « ne songe qu'aux grandes, comme un ouvrier paresseux « ou lâche qui recule devant la peine '. » Le roi tout puissant ((âaatXsûç) a réglé tous les détails de son œuvre en même temps qu'il en a disposé l'ensemble, et a assigné à chacun de nous sa place, eu ayant ég'ard au maintien et au bon ordre du tout. « Jamais toi, ni aucun autre, s'il se « trouve pareil infortuné, ne pourra se vanter de s'être « soustrait à cet ordre qui vient des dieux. Cet ordre, ceuv a qui l'ont établi l'ont mis au-dessus de tous les autres, et « il faut le respecter infiniment. Car jamais tu n'échappe- <( ras inaperçu. Serais-tu assez petit pour t'enfoncer dans « les abimes de la terre, t'élèverais-tu assez haut pour at- « teindre le ciel dans ton vol, tu payeras la juste peine « qu'ils ont fixée, soit ici-bas sur cette terre, soit à ton arri- « vée dans l'Hadès, soit dans tout autre séjour encore plus « horrible 2. » On ne peut affirmer d'une façon plus nette la providence générale et particulière, soit dans le monde physique, soit pour ce qui touche à l'humanité, et cette philosophie est la négation absolue du hasard.

Quant aux anciens sages, dont, suivant Aristote, l'autorité était invoquée contre l'existence du hasard, ce sont évidemment les philosophes de l'école ionienne et peut-être les Eléates 3. M les uns ni les autres en effet n'admettent le hasard. Les Ioniens, qu'ils prennent pour principe du monde l'eau, l'infini, l'air, ou le feu, se représentent cette matière première comme vivante et génératrice, à la fois substance et cause de tout ce qui existe; ses propriétés suffisent à l'explication de tous les corps et de tous les phénomènes.

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