‹ Étude sur la déesse grecque TychéChapitre 79 sur 185 · Physique, II, chap. IV. T · texte numérisé non relu

Physique, II, chap. IV. T

pour le lout ce qu'ils refusent d'admetltre pour 1rs parties? Cela est tout à fait invraisemblable, et si la critique d'Aristote est juste, il faut avouer que Démocrite a bien peu mérité l'éloge que le grand philosophe fait de lui en d'autres endroits, en signalant la rigueur logique de ses déductions et l'unité de son système. Aussi a-t-on cherché à concilier ces deux jugements contradictoires d'Aristote sur Démocrite. M. E. Zeller l fait avec raison remarquer qu'Aristote, comme nous le verrons nous-mêmes un peu plus loin, entend le mot hasard dans un sens particulier. Ce qui dérive du hasard, pour lui, n'est pas ce qu'on ne peut rapporter à une cause efficiente; c'est ce qui n'a pas de cause finale. Prise dans ce sens, la critique d'Aristote est juste assurément. Les atomes, dans le système de Démocrite, se rencontrent uniquement parce qu'il est dans leur nature de se rencontrer, mais non en vertu d'un mouvement produit pour atteindre une fin déterminée, conçue par eux ou en dehors d'eux. Mais si l'on entend par le mot hasard l'absence d'une cause efficiente, le reproche qu'Aristote fait à Démocrite ne se justifie pas -.Tout en effet, dans son système, s'explique logiquement par la définition qu'il donne des atomes et par l'hypothèse du vide. Corps indivisibles, ayant une dimension qui est différente pour chacun d'eux et des formes diverses, ils ont en outre la pesanteur, qui varie proportionnellement à leur masse. Cette pesanteur qu'ils possèdent en propre est la cause de leur mouvement, de leur chute dans le vide. Comme tous n'ont pas le même poids, puisque leurs masses sont inégales, les plus lourds tombent plus vite, et par conséquent rencontrent dans leur chute les plus légers. Ceux-ci. soulevés par la pression des atomes plus pesants, sont repoussés vers le haut, et, de ce mouvement des atomes, les uns tombant, les autres remontant, naît un mouvement circulaire, un tourbillon, d'où le inonde est sorti. Tout dérive donc en réalité de

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