Physique, II, chap. vr
~>. Ce point est bien mis en lumière par Alexandre Aphrodisias qui, dans livre sur le Destin, ne l'ait que développer l'idée d' Aristote. « C'est dans les cho-
HG CHAPITRE VI
Nous voilà donc en possession d'une définition de la fortune et du hasard au moyen de l'idée de cause finale. Mais d'où la fortune et le hasard viennent-ils? A quoi sont-ils dûs? Ont-ils une existence réelle? Quelle place Aristote leur fait-il dans son système? Aristote reconnaît quatre espèces de causes l : \&matière (l'airain, en un sens, est cause de la statue); la forme (un lit n'est lit que lorsque le bois a reçu la forme qui fait qu'on l'appelle lit); la cause efficiente; enfin la cause finale, ou le but qui est la raison de l'existence de la chose. Mais ces quatre causes peuvent se réduire; car les trois dernières se confondent et peuvent se ramener à une seule : la cause efficiente, qui n'est autre que la nature, est identifiée d'une part à la cause formelle 2, de l'autre à la cause finale 3. Ces trois causes, efficiente, formelle, finale, se résument donc dans la nature. Quant à la matière, elle ne peut se réduire. Par conséquent, en réalité, nous sommes en
ses qui se font en vue d'une autre fin, que se rencontre comme fin ce qu'on appelle arriver fortuitement et par hasard». (Alex. Aplir., De fato, chap. iv, fin. Traduct. Nourrisson). — « Toutes les fois que, d'une chose qui était faite en vue d'une autre, ne procède point cela même pourquoi elle était faite, mais qu'il s'ensuit quelque résultat que d'abord on n'espérait pas, on dit que cela a lieu par hasard. En soi-même (xzff abzô) cela se produit sans cause, accidentellement; cela a pour cause ce qui a été fait en vue de quelque autre objet. C'est ainsi qu'on dit qu'un trésor a été trouvé par hasard, si quelqu'un, venant à fouiller avec un
tout autre dessein que celui de découvrir un trésor, a trouvé un trésor Le
hasard consiste ici en ce que la cause efficiente est allée à une fin qui n'était pas celle que cet homme avait dans l'esprit». (Ibid., chap. vin). — « Que nos adversaires s'avisent, par exemple, de dire que des personnes sont malades par hasard, alors que la maladie est inconnue, c'est là une fausseté. Car ce n'est pas lorsqu'il y a une cause, mais qu'ils ne connaissent point, que les hommes s'expriment ainsi ; c'est uniquement de ce qu'ils se persuadent être arrivé sans cause,
qu'ils ont coutume de dire que cela est arrivé par hasard Trouver un trésor
n'est pas là un fait dont les causes échappent à l'entendement humain ; les causes en sont au contraire évidentes et très connues. Pour trouver le trésor, il a fallu fouiller.... Si l'on se persuade que c'est par hasard qu'un homme a trouvé un trésor c'est uniquement que celui qui a trouvé un trésor en fouillant n'avait pas fouillé pour le trouver. Lors donc qu'on parle de choses qui arrivent par hasard, ce n'est point qu'on ignore la cause qui fait qu'elles arrivent de la sorte; c'est qu'on pense qu'il y a absence d'une cause proprement dite, absence d'une cause maîtresse. » (Ibid., chap. vin).