Livre VU, S
<J. Livre XXXII 16; XV. 21,3.
choses ; * à fortiori, — et il ne fait en cela que rester fidèle à la règle qu'il s'est donnée, — ne la voit-il pas dans ceux que des r, lisons logiques suffisent à expliquer; et comme il n'est pas sans quelque penchant à la critique, il profite de l'occasion pour blâmer ceux de ses devanciers qui, en semblable circonstance, recourent à une intervention merveilleuse 2.
Mais malgré tout, bien que l'idée du hasard répugne évidemment à sa raison et qu'il ne l'invoque qu'à regret, cette Fortune qu'il proscrit, il n'est guère de pages dans son œuvre où elle ne soit nommée. On dirait qu'il obéit à une sorte d'habitude d'esprit dont il ne peut se défaire et qui l'entraîne malgré lui à penser comme ses contemporains et à parler comme eux. Avait-il conscience de cet entraînement irréfléchi? On le croirait vraiment, à lire certains passages singuliers où il se contredit lui-même à deux lignes de distance et donne tout d'abord, comme un fait de fortune, ce qu'il explique aussitôt après par des raisons logiques et naturelles. Voici un de ces passages : « Quiconque observe « attentivement, verra qu'il y a dans cet événement (la dé- « faite de Régulus par Xantippe) bien des choses profitables « pour la conduite de la vie. En effet, qu'il ne faut pas se « fiera la Fortune, surtout dans la prospérité, c'est une chose « qui apparut à tous avec évidence dans le malheur de « Régulus. Cet homme qui, quelques jours auparavant. « n'écoutait pas la pitié et ne voulait accorder aucune grâce « à ses ennemis abattus, fut obligé à son tour d'implorer « son salut de leur compassion. Ce qu'Euripide avait autrece fois si bien dit, qu'un bon conseil vient à bout d'une ar- « mée nombreuse, se trouva vérifié. Un seul homme, un « seul avis, suffit à anéantir des masses considérables et cou- « rageuses, qu'on croyait invincibles, et à rétablir, au con- « traire, une cité qu'on croyait déjà à terre... J'ai fait ces « réflexions pour que ceux qui liront cette histoire en tirent