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ÉTABLISSEMENT DE DIAGRAMMES POUR LES APPLICATIONS PRATIQUES

Les considérations, qui précèdent, suffisent pour expliquer l'intérêt que présente le tracé des courbes d'égal éclairement total, sur des diagrammes qui résument l'étude des principales zones et des principales sections de plagioclases.

Sans doute, les données dont nous sommes partis pour tracer nos épures, sont sujettes à revision et les diagrammes ci-joints n'ont pas la prétention d'être tout à fait exacts. Mais les études détaillées, comme celles de Max Schuster et de M. Fouqué, leur donnent une précision de plus en plus approchée et nous induisent à penser que les déterminations optiques des plagioclases en plaque mince peuvent se faire, dès à présent, à quelques centièmes près d'anorthite.

Dans chaque diagramme ', l'échelle horizontale porte trois graduations : la première en p . 100 d'anorthite d'après la méthode de Tschermak ; la seconde en p. 100 de silice ; la troisième se réfère à l'ancienne notation des plagioclases et représente la proportion d'oxygène de la silice par rapport à celle des bases. Il est facile de voir que la seconde échelle a son unité dans un rapport sensiblement constant avec celle de la première ; quant à la troisième, son unité croît très vite avec la basicité du plagioclase considéré; elle donne de bons repères pour les noms anciennement usités.

Les deux premiers diagrammes, que nous avons construits,

1 Comme dans le 1" fascicule (I) désignera le cristal fondamental, (V) la macle de l'albite, (2) et (2') la macle de Carlsbad et ses lamelles suivant la loi de l'albite.

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sont ceux afférents aux sections perpendiculaires aux bissectrices n g et 7ï p ; nous avions pour point de départ les données si nombreuses et si précises dues à M. Fouqué, ainsi que les analyses, après purification, dont il a accompagné ses principales monographies. Après ce premier tracé, nous nous sommes rendu compte que nous pouvions combiner le diagramme relatif à n s avec les extinctions sur g 1 (OtO), et le diagramme relatif à n^ avec les extinctions maxima de la zone de symétrie.

Sections perpendiculaires a n K et sections g 1 (010) (PI. X)

Pour établir le diagramme n g , nous avons d'abord reporté sur du papier quadrillé toutes les données dont nous sommes redevables à M. Fouqué, et nous avons tracé la courbe médiane du fuseau, très renflé aux abords du labrador, que nous avions ainsi obtenu; il nous a fallu éliminer quelques-unes des observations relatives à des oligoclases qui s'écartent trop de la moyenne. Cette courbe passe à 0° pour un oligoclase à 28 p. 100 d'An l et détermine ainsi la place de l'épure fondamentale III, dont les données ont été choisies précisément pour rendre le plan n € n m , perpendiculaire à g 1 (010); en d'autres termes n p est contenu dans g 1 (010).

Quand on trace, sur le diagramme, la courbe afférente au clivage p (001), rapporté à la trace de g 1 (010), dans toutes les sections perpendiculaires à 7* g , on voit cette courbe partir de — 23° pour l'albite, passer à — 90° pour l'oligoclase à 18 p. 100. puis revenir do -+- 90° à 0° par des valeurs positives entre cet oligoclase et celui à 28 p. 100 d'An. De ce point au labrador à 60 p. 100 la trace p (001) est parallèle kg 1 (010), à 1° près ; la courbe suit donc l'abscisse 0; puis elle s'infléchit vers les valeurs positives et atteint -H 23° pour Tanorthite.

Il est nécessaire de rapporter exclusivement à p (001) les extinctions jusqu'à l'oligoclase à 28 p. 100. Nous verrons en effet que, dans l'oligoclase à 18 p. 100, la section perpendiculaire à

1 Dans ce qui va suivre, le pourcentage des plagioclases sera toujours rapporté à la quantité d'anorthite contenue, en supposant la loi de Tscherinak rigoureuse.

n % se confond sensiblement avec g x (010) ; dès lors, à droite et à gauche de ce point, l'intersection avec g 1 (010) doit être trop oblique et trop indécise pour servir de ligne de repère et, tout au contraire, la trace p (001) est facile à utiliser; car ce plan est presque perpendiculaire aux sections considérées.

De loligoclase à 28 p. 100 au labrador à 60 p. 100, la courbe, rapportée hp (001), se confond avec celle rapportée à g 1 (010) ; il y a pour ainsi dire raccord ; puis, à partir du labrador à 60 p. 100, la courbe est exclusivement rapportée à la trace y 1 (010).

Il est d'autant plus facile de reporter, sur le diagramme, la courbe des extinctions sur g x (010) par rapport à la trace p (001), que, jusqu'à Tandésinc à 40 p. 100, cette courbe se confond très sensiblement avec la précédente. Nous avons recouru, pour la tracer, aux données de Max Schustcr, modifiées, à partir des andésines, dans le sens d'une augmentation sensible des angles négatifs ; nous avons en effet de nombreux exemples d'anorthite, donnant sur g K (010) des extinctions de — 41°, — 42°, — 43°.

On a vu, plus haut (page 81) quel est le tracé de la courbe des éclairements communs, pour les sections perpendiculaires à n % ; celui de la face g 1 (010) se fait à -+- 37° dans le sens positif de MaxSchuster, c'est-à-dire du môme côté de la trace p (010) que l'extinction de l'albite.

Il est utile de chercher où se fait l'extinction des lamelles maclées suivant la loi de l'albite, dans les sections perpendiculaires à n K ; au voisinage de g 1 (010), la macle de la péricline peut être visible et Ton admet qu'elle est optiquement orientée comme celle de l'albite ; ce postulatum n'est pas tout à fait exact, notamment dans les bytownites et l'anorthite; mais les différences d'extinction sont toujours très minimes. Comme on pouvait le prévoir à priori, les extinctions (!') se font avec (1), à 1 ou 2° près, de l'albite à l'andésine à 34 p. 100. Puis la courbe (1') se sépare nettement, passe par un maximum de — 6° vers le labrador à 47 p. 100 et redescend à 0° pour l'anorthite.

Dans les cristaux très zones, voisins de y 1 (010), l'emploi de la lumière convergente permet souvent de juger de la précision même de l'orientation. Si l'on a affaire à une section orientée rigoureusement suivant g { (010), loligoclase à 18 p. 100 doit

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montrer sa bissectrice n p sensiblement centrée et s'éteindre à -t- 7 à 8° de la trace p (001).

Si au contraire, c'est une autre zone qui se montre à peu près centrée pour n v son extinction et le signe de cet angle déterminent très approximativement le pôle de la section sur la courbe des pôles ?* g tracée dans l'épure VIII (l pr fascicule). On peut dès lors apporter aux données, fournies par les autres zones, les corrections nécessaires, et approcher de l'exacte détermination qui est le but auquel tendent tous ces efforts.

La macle suivant p (001) avec axe de rotation pg x (001) (010), telle que la présentent les albites d'Ala, les andésines de Saint- Raphaël, etc., offre une précieuse vérification de la position des axes w g d'un grand nombre de plagioclases (de Toligoclase au labrador-bytownite), le long du grand cercle perpendiculaire à p (001) et à g 1 (010), ainsi que le montre l'épure fondamentale n° VIII. Dans ces macles, en effet, les deux cristaux, non retournés suivant la loi de l'albite, sont simultanément perpendiculaires à 7i g . Pour l'andésine des nouvelles carrières du Petit-Caoux près Saint-Raphaël qui présente fréquemment la macle d'Ala, l'axe ri f est rigoureusement perpendiculaire lipg 1 (001) (010) ; cette andésine correspond à une extinction à — 13°, perpendiculairement à n v et le diagramme lui assigne 44 p. 100 d'An.

D'une façon générale, dans la recherche des sections perpendiculaires à n v la distance angulaire du môme axe dans le cristal maclé permet de juger si l'on a affaire à la macle d'Ala ou à celle de Carlsbad, à moins que l'on ne soit au voisinage de l'oligoclase à 18 p. 100, dans lequel les deux macles remplissent cette condition.

Sections perpendiculaires a n 9 et maxima de la zone de symétrie perpendiculaire a g x (010) (PI. XI)

Nous avons suivi le môme précédé que pour n % et nous aurions les mômes observations à faire au sujet de l'utilisation des résultats fournis par les monographies de M. Fouqué. La courbe moyenne (abstraction faite des anomalies accidentelles) passe

au 0° pour un oligoclase à 18 p. 400 et change ensuite de signe. Ce point de repère jalonne donc la meilleure position de l'épure n° II, datis laquelle précisément le plan des axes a été choisi perpendiculaire au plan g 1 (010) avec n m contenu dans ce plan. Il résulte des données mômes de répure, que n R se confond, à 1 ou 2° près, avec le pôle de g x (010). Ainsi la section perpendiculaire à n p s'éteint bien à 0° de la trace g K (010), et la section perpendiculaire à n % se confond avec g K (010).

Une fois les courbas /i g et n p tracées, les épures du 1 er fascicule peuvent' ôtre assez facilement repérées par rapport aux échelles horizontales : l'albite I, le labrador VI et l'anorthite VII se placent bien et sans objection sur les ordonnées à 2 p. 100 ; 60 p. 100 et 96 p. 100 d'anorthitc. On a vu que l'oligoclase II se repère nécessairement à 18 p. 100 et l'oligoclase III, à 28 p. 100.

L'épure de l'oligoclase II ne donne prise à aucune critique importante; quant à celle de l'oligoclase III, il est évident que le plan des axes devrait en ôtre un peu plus infléchi vers la droite ; le maximum de là zone de symétrie doit par là môme s'accentuer davantage et passer de 5 à 9 ou 10°.

L'andésine IV se classe convenablement à l'abscisse 34 p. 100. Quant au labrador V, il est aux abords de 47 p. 100 avec des erreurs possibles de 3 à 4° sur le maximum de la zone de symétrie.

Cette mise en place des épures fondamentales atténue, dans la mesure du possible, les erreurs inhérentes à de pareilles moyennes ; nous sommes, en dernier lieu, parti des moyennes de M. Fouqué en les interprétant, parce que ce sont les données pratiques qui nous inspirent la plus grande confiance, dans l'état actuel de la science. Mais il n'est pas inutile de signalev que les légères corrections à apporter aux épures n os III et V en écarteraient les données de celles de M. de Fédorow, par exemple. Il paraît donc préférable, dans une première approximation, de faire une sorte de moyenne entre tous ces résultats et, après avoir placé les épures comme nous l'avons tenté, de s'en servir sans autre correction immédiate.

Pour juxtaposer la courbe des maxima, caractéristiques de la zone de symétrie, à celle des sections perpendiculaires à n p , il

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suffit de jeter un coup d'œil sur les principales épures. Les deux courbes se confondent, à 1° près, de l'albite à I'andésine à 34 p. 100. Puis la courbe des maxima monte plus rapidement que l'autre et reste toujours au-dessus d'elle; elle atteint 38° dans le labrador à 60 p. 100, 52° dans lanorthite à 96 p. 100, et 90°, avec passage par l'indétermination dans l'anorthite de M. de Fedorow et dans celui de M. Becke; on sait en effet que, d'après ce dernier savant, l'axe optique B de l'anorthite pourrait traverser la trace de g 1 et se trouver sur l'épure à gauche de cette trace.

En partant des données des épures, on a tracé, sur le diagramme planche XI, les courbes suivantes toutes rapportées à la trace de g % (010) : direction du clivage/? (001); direction approximative de la macle de la péricline ; éclairement commun dans les sections perpendiculaires à n p ; éclairement commun dans les sections à extinction maxima de la zone de symétrie ; extinction de la lamelle (!') (macle de l'albite) dans les sections perpendiculaires à n p ; extinction de la lamelle (2') (macle de Carlsbad) dans les maxima de la zone de symétrie.

Sur les deux premières courbes, clivage p, macle de la péricline, nous remarquerons que l'extinction négative des sections perpendiculaires à n p se fait toujours, à partir de l'oligoclase à 18 p. 100, dans l'angle aigu fait par g x (010) et ces directions, en s'éloignant dey 1 (010) et se rapprochant de/>(001) à mesure que les plagioclases deviennent plus basiques.

Les éclairements communs donnent un moyen précieux d'orienter les sections perpendiculaires à n p ou à tf (010); nous avons insisté sur cette propriété, pages 78 et 80.

Avec les maxima de la zone de symétrie, les extinctions (2') (macle de Carlsbad) donnent aussi un moyen d'orientation sur lequel nous avons fourni les détails nécessaires dane le 1 er fascicule ; extinction à peu près simultanée de (1) et de (2') dans la série acide jusqu'à l'oligoclase à 18 p. 100 ; différence atteignant 10° dans les andésines, 16° dans les labradors, 45° dans les anorthites.

La macle de l'albite (1') se comporte dans la série acide des sections perpendiculaires à n p , comme si elles appartenaient à la

zone de symétrie, La dissymétrie s'accuse dans le labrador à 47 p. 400 par une différence de 3 à 4° ; dans celui à 60 p. 100, cette différence atteint 17° et la macle(l') s'éteint à — 48° tandis que (1) s'éteint à + 31°; elle va croissant jusqu'à l'anorthite.

Sections perpendiculaires a g 1 (010), zone de symétrie

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