ÉTUDE BOTANIQUE DE LA DIGITALE
La digitale croît dans presque tous les bois de France, surtout dans les Vosges, l’Anjou, la Bretagne. Elle est très commune dans l’arrondissement de Confolens (Charente); c’estce qui nous a déterminé à choisir son étude comme sujet de notre thèse. La digitale appartient à la famille des Scrofulariées, faisant partie des dicotylédones gamopétales à corolle hypogine. La famille des Scrofulariées a porté différents noms. Jussieu l’a appelée lafamille des scrofulaires ; Thénard la désignait sous le nom de personnées ; elle a recu aussi celui d’antirrhinées.
Les plantes de cette famille varient beaucoup entre elles, tant par leurs caractères botaniques que par leurs propriétés médicinales.
Les digitales sont des médicaments énergiques. On emploie particulièrement le digitalis purpurea que nous étudierons. Les antirrhinum, les tinaires et surtout la gratiole sont purgatives. Vauquelin a extrait de la gratiole une résine âcre et très énergique ; c’est un purgatif drastique. La pédiculaire, les orobanches sont des plantes âcres et amères.
Quelques unes sont inertes, l’euphraise est préconisé comme antiophthalmique, les véroniques sont légèrement
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toniques. En infusion, les sommités fleuries de véronique officinale sont employées comme stomachiques. Le verbascum thapsus a été séparé des Solanées pour être réuni aux serofulariées.
Les caractères généraux de la famille des Scrofulariées sont les suivants :
Herbes ou arbustes à feuilles souvent opposées, quelquefois alternes, simples ; les rameaux, ordinairement ronds, sont quelquefois tétragones. La fleur surtout, dans les différentes plantes de cette famille, offre des caractères irréguliers, soit dans la forme de la corolle, soit dans le nombre, la forme ou l'insertion des étamines. Les fleurs sont disposées en épis ou grappes terminales. Le calice est gamosépale persistant à 4 ou 5 divisions inégales. La corolle est gamopétale à 5 lobes inégaux de forme très variée. (euphraise, tubuleuse, pédiculaire en casque, gratiole, campanulée, digitale, personnée); deux et le plus souvent quatre étamines ; cinq dans le verbascum (deux dans la véronique et quatre dans la digitale). L’ovaire appliqué sur un disque hypogine est à deux loges, dont chacune renferme un placenta chargé d’ovules qui sont anatropes ou amphitropes. Le style est simple, terminé par un stigmate bilobé. Le fruit est une capsule biloculaire, très rarement un peu charnue, dont la déhiscence est très variable.
Tantôt elle est loculicide, lorsqu'elle se fait par deux ou quatre valves, portant chacune la moitié de la cloison sur le milieu de leur face interne ; tantôtseptifrage, lorsque c’est par
deux ou quatre valves opposées à la cloison qui reste entière.
La déhiscence se fait aussi par des trous au sommet, ou par des plaquesirrégulières. Les graines contiennent une amande composée d’un endosperme charnu renfermant un embryon droit cylindrique dont la radicule est opposée ou tournée vers le hile.
Dans les Pédiculaires de Jussieu, l'embryon a toujours une direction opposée à celle de la graine; c’est-à-dire que ses cotylédons sonttournés vers le hile. Dans les Scrofulaires, c'est le contraire.
La famille des Scrofulariées à beaucoup de rapport avec la famille des Solanées ; car elle ne diffère de celle-cique par l’avortement d’une étamine. Quelquefois dans la Digitale et la Pédiculaire, la cinquième étamine qui avoïrte le plus souvent venant àse développer, la corolle reprend une forme régulière et alors la plante rentre dans le type des Solanées.
Nous allons donner maintenant les caractères spéciaux de la Digitale pourprée (Digitalis purpurea) qui doit seule nous occuper pendant le cours de cette étude.
La Digitale est une plante herbacée, bisannuelle, haute de 50 cent. à 1 mètre. Les feuilles sont alternes, radicales, pétiolées, ovales, aiguës, un peu onduleuses. Les inférieures sont atténuées en pétioles pubescents, grisâtres en dessous, crênelées, réunies en touffes à la base de la tige. Les caulinaires sont oblongues, pointues, brièvement pétiolées. Les supérieures sont sessiles, ovales, acuminées, courtes. Les fleurs sont pendantes, à pédoncule bulbérulé, disposées en une grappe terminale. La corolle est d'un pourpre tacheté
de noir, ou blanche et garnie de poils. Les étamines plus
courtes que la corolle sont au nombre de quatre, dont les anthères sont rapprochées par paires. Le style est courtement bilobé et a des lobes glanduleux à la partie interne. Le
fruit est une capsule. La déhiscence est septicide. Les grai- nes sont très nombreuses. Elle a une saveur amère, une odeur herbacée; fleurit en juin et mûrit en septembre. = Nous avons d’autres espèces de digitales que la digitale d | pourprée, nous ne ferons que mentionner les différentes variétés, touten faisant remarquer que M. Kossmann a extrait de la digitaline, de la digitale jaune (digütalis lutea). y à aussi le digialis grandiflora, le digitalis purpurascens et le digitalis thapse. |
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