‹ Étude sur la digitaleChapitre 6 sur 13 · AS STE · texte numérisé non relu

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le tout est abandonné 48 heures sous une cloche pour que la dessiccation s’opère plus lentement. On fait ensuite sécher la masse à l’air libre et on la place dans un appareil à dépla- ‘cement. On tasse et on verse dessus de l'alcool à 0,93. La liqueur obtenue est très amère. On épuise la masse à l’aide de l’alcool chaud. L'alcool obtenu par le traitement à froid, évaporé dans un endroit frais, donne des cristaux blancs à aiguilles courtes et déliées: c’est la digitaline insoluble.

L'alcool étant complètement évaporé, le liquide qui reste est dissous dans 10 parties d’eau distillée; on a soin de laisser déposer la partie cristallisable insoluble, puis le liquide décanté est abandonné dans un vase plat à l’évaporation spontanée.

On obtient ainsi une laque de teinte ombrée ayant une saveur amère, incristallisable, soluble dans l’eau, inaltérable à l’air. C’est la digitaline amorphe. Nativelle obtient ainsi 1 p. 100 de digitaline soluble et 1 pour mille de digitaline insoluble.

Ce procédé sert surtout-pour extraire la digitaline soluble. La majeure partie de la digitaline reste dans les résidus. Pour l'obtenir, on prend 100 parties de résidus résultant de l'opération qui précède et on les mélange avec un poids égal d'alcool à 50°; on laisse en contact 12 heures. Le tout est porté dans un appareil à déplacement et épuisé au moyen de l’alcool, on en recueille environ 300 parties. On ajoute une solution renfermant 4 gr. d’acétate de plomb cxistallisé, on filtre, puis on met une solution faite avec 2 grammes de

phosphate de sodium; une grande partie de la matière colo-

DE Li rante jaune disparaît ainsi que l’excès de plomb, et la liqueur filtrée est laissée à l’air libre.

Après que l'alcool est évaporé, on ajoute à la matière sirupeuse et jaunâtre qui reste une partie et demie de tannin en solution filtrée. Le tannate qui se forme est traité comme précédemment ; toutefois 1l faut ici employer la litharge, car elle à la propriété de mieux enlever la matière colorante jaune. Par ce procédé, on obtient 1 p.100 de digitaline cristallisable insoluble. M. Nativelle s’est convaincu que toute les parties de la digitale contiennent les mêmes principes; il y aurait seulement exception pour les semences qui ne renferment pas de digitaline insoluble, mais qui sont très riches en digitaline amorphe. Elles renferment en outre une substance très soluble cristallisée, et qui d’après Nativelle semblerait être un hydrate de la digitaline insoluble; il l'appelle digitaline cristallisée.

Ce chimiste nous fait observer que la digitaline insoluble se présente sous forme de légers cristaux, formés d’aiguilles courtes et déliées, groupées autour du même axe. La saveur rappelle celle de la plante elle-même.

Elle est à peine soluble dans l’eau, peu soluble dans l’éther, l'alcool la dissout en grande quantité, elle forme avec l'acide chlorhydrique une teinte verte.

La digitaline amorphe forme une solution d'aspect gommeux, elle est incristallisable ; pulvérisée, elle forme une

poudre blanche, très amère et très irritante.

note Elle est insoluble dans l’éther, soluble dans l'acide chlo-

rhydrique à 20° ; elle prend alors une couleur brun verdâtre.

; ets .. ( Carbone... 5,472 Composition élémemtaire.…. } Hydrogène. 9,33

Nousdironsenfin que cette plante renferme peut-être trois, mais sûrement deux matières amères qui diffèrent par leurs propriétés chimiques et leur composition centésimale, mais semblent jouir de propriétés toxiques à peu près égales. La digitaline insoluble étant mieux connue dans ses propriétés physiologiques, devra être préférée dans la matièremédicale.

Procédé de M. Tanret (1).— M. Tanret, pharmacien à Troyes, a fait des recherches sur le mode de préparation de la digitaline pure et cristallisée. À quel état la digitaline se trouve-t-elle dans la plante ? D’après Nativelle et Soubeyran, elle s’y trouverait à l’état de tannate; voilà pourquoi dans toutes les méthodes d'extraction, après avoir épuisé la digitale par l’eau ou l'alcool, on traite par l’acétate de plomb, pour dégager la digitaline de sa prétendue combinaison avec le tannin.

M. Tanret prétend que la digitaline ne peut pas être combinée avec le tannin, puisqu'il obtient la digitaline en traitant la digitale par l'alcool, puis par le ‘chloroforme, et en précipitant par l’acide tannique.

Le procédé de M. Tanret repose sur la solubilité du tannate de digitaline dans l’alcool, son insolubilité dans le

(1) Union, page 270, année 1879.

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chloroforme et sa facile décomposition en solution alcoolique par l’oxyde de zinc ou l’oxyde rouge de mercure.

Pulvériser grossièrement les feuilles de digitale (en rejeter le dernier quart), les mélanger intimément avec leur poids d'alcool à 60° centésimaux ; traiter par déplacement.

Quand ja lixiviation a été bien conduite, la digitaline a passé dans les quatre premières portions recueillies. On distille pour en retirer l'alcool: agiter le liquide restant avec environ le dixième de son poids, laisser reposer. Quand le chloroforme s’est bien séparé, on l’enlève avec un entonnoir à robinet et on recommence à agiter avec d'autre cloroforme, le vingtième cette fois. Le chloroforme des deux opérations mêlé est abandonné quelque temps au repos. On le lave ensuite avec son poids d’eau pour en séparer l'alcool qu'il a dissous, puis on l’agite avec une solution concentrée de tannin de volume égal au sien. Il se sépare alors du tannate de digitaline qu’on recueille et qu’on malaxe avec du chloroforme nouveau pour entraîner celui qui est coloré set le souille. Puis on dissout dans l'alcool à 90°, on y délaye de l’oxyde de zinc et on abandonne le mélange à lui-même, en l’agitant de temps en temps. Il se forme un tannate métallique et la digitaline se dissout dans l'alcool. On filtre, on agite avec du charbon animal lavé jusqu’à entière décoloration. On filtre de nouveau, puis on abandonne à l’évaporation. Si elle marche vite, on n'obtient que des grains de digitaline blanche, composés d’aiguilles rayonnant du centre, et des aiguilles de digitaline si elle se fait

lentement. Quand la cristallisation n’augmente plus, on décante le liquide aqueux qui contient la digitaline. M. Tanret, pour reconnaître s’il reste du fannin dans la dissolution, emploie le procédé donné par M. Berthelot.

«Verser une goutte de liquide sur du papier blanc, filtrer et toucher. l’auréole avec une baguette de verre plongée dans le réactif. Dans le cas qui nous occupe, on se sert d’une solution étendue de perchlorure de fer. Lorsque l’auréole ne noircit plus, c’est qu'il n’y a plus detannin. La digitaline se comporte comme une base, quand elle est en solution acide, elle peut être enlevée entièrement par le chloroforme (1 centigr. dans un litre d’eau acidulée, dans lequel elle avait été mise après avoir été dissoute dans un peu d’alcoo!)»

La digitale renferme encore d’autres principes immédiats ; ainsi Homolle et Quévenne ont retiré la digitalose, substance cristalline d’un blanc de neige, inodore, insipide, insoluble dans l’eau, soluble dans l'alcool et l’éther à 90°.

Le digitaline, matière blanchâtre, inodore, insoluble dans l’eau froide, x peine soluble dans l’eau bouillante.

M. Morin a isolé l'acide digitalique, acide cristallisant en aiguilles et possédant une odeur qui devient suffocante par la chaleur, il rougit le tournesol bleu et se décompose à Pair

avec une extrême facilité.

L’acide antirrhinique, obtenu par distillation des feuilles

de digitale, acide volatil, d'apparence huileuse, saveur désagréable, rappelant celle de la digitale fraîche.

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L'acide digitaléique sorte d'acide gras reliré par Kossmann des feuilles de la digitale pourprée.

Il cristallise en aiguilles groupées en étoile et colorées en vert, saveur âcre, amère, odeur aromatique, fort peu soluble dans l’eau, très soluble dans l’alcoo! et l’éther. IL forme des sels jaunes, verdâtres, la plupart incristallisables.

M. Walz a retiré de la digitale une substance amorphe, d’un blanc jaunâtre qu'il a appelée digitalosine et qui sous l'influence de l'acide sulfurique se dédouble en glucose et en deux autres matières qu'il à appelées digitalisétine et paradigitalétine.

Boucher à trouvé une digitaline intermédiaire, c'est la digitaline globulaire, dans laquelle il a démontré l’existence d’une cristallisation visible à l’aide des instruments grossissants. Elle est aussi, d’après Gubler, très énergique, mais moins que la digitaline amorphe. |

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