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Schmiedeberg et Flückiger (1875) ont vu dans la digitaline cristallisée de Nativelle un produit complexe, dont la plus ou moins grande activité serait due à la digitoxine (1), produit allemand, isolé par Schmiedeberg.
Pour M. Nativelle, dans une réponse faite à M. Kosmann, son produit cristallisé est à la digitale ce que la quinine est au quinquina, la morphine à l'opium (2).
MM. Adrian et Bardet estiment que la digitaline cristallisée est un produit parfaitement défini, comme l’a démontré M. Arnaud; jusqu'en ces derniers temps, on croyait, avec MM. Adrian et Bardet, que la digitaline cristallisée et un produit allemand, dont nous parlerons bientôt, la digitoxine, étaient identiques (3). D'après les analyses comparatives faites en E888 de la digitaline Adrian et de la digitoxine de la maison Merck (4), ces auteurs étaient en droit d'assimiler les deux produits.
Mais M. Masius (5) avança que la digitoxine était deux ou trois fois plus active que la digitaline. M. Bardet reprit alors les analyses des deux produits, et 1l trouva, en effet, que la digitoxine de Merck ne répondait plus à la digitaline eristalhsée chloroformique (6) ; ses résultats étaient d’ailleurs en concordance avec ceux de MM. Franck et Houdas (7).
M. Arnaud nous a donné la formule de la digitaline ; con-
4) Idem, 1895, onzième année, page 31.
5) Académie de Médecine de Belgique.— Semaine médicale, 1894, p. 315.
(6) Les Nouv. rem., 1895, 24 janvier.
(7) Idem, Ibid. ,
( ( (3) Les Nouv. rem., 4890, sixième année.
13 De Es
trairement aux assertions de Schmiedeberg (1), il a démontré que la digitaline eristallisée était un produit parfaitement défini (2), soluble dans la benzine bouillante ; son point de fusion, ou plutôt les points de fusion des deux digitalines erislallisées, sur lesquelles opérait M. Arnaud (l'une préparée à son laboratoire, l'autre digitaline cristallisée Adrian, procédé de Nativelle) ; leurs points de fusion se maintiennent entre 243 et 245, 245e et 246°. Après lavage à l'alcool froid par 25 ce., employés successivement, les digitalines donnèrent comme points de fusion 243°-245°. M. Arnaud a obtenu la formule de la digitaline indirectement, au moyen d'un dérivé permeltant d'arriver à un tel résultat par la connaissance du poids moléculaire.
L'analyse élémentaire de ce dérivé, rapprochée de la composiion centésimale de la digitaline, conduit à attribuer à celle-ci la formule C*H°0", dont le poids moléculaire élevé s'accorde bien avec le point de fusion, 245°, trouvé en moyenne.
D'après M. Arnaud, l'action de la haryte en présence de l'eau et un tube scellé chauffé à 180° pendant plusieurs heures est très nette (3). Il se forme un corps cristallisé, insoluble dans l'eau, renfermant une proportion notable de baryum combiné ; on peut l'isoler et le purifier en le lavant à l'eau bouillante, de manière à enlever l'excès de baryte, en le dissolvant dans une grande quantité d'alcool à 90° bouillant, qui J'abandonne par distillation. Le sel obtena fond vers 305°- 310".
Celte réaction de la barvle, en présence de l’eau sur la
(4) Schmiedeberg, Archiv. für pathol. und pharm., 3° série, p. 16,
(2) Ac. des sc., 4889, page 679.
(3) Ac. des sc. 1889, page 677 ; Journal de pharmacie et de chimie, XX, 454, 15 novembre 1889.
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DIGITALINE KOSMANN
[nous à paru bon de dire un mot de la digitaline Kosmann, bien que ce produit ne soit point déterminé. Pour M. Kosmanu, il existe dans la digitaline pourprée (1) un principe immédiat, successivement appelé digitaline, digitasoline. digitalétine. Ce produit, soluble dans l’eau, est très hygroscopique et altérable par l’action de l’eau, des acides et des alcalis. Soumis à l’action des acides sulfurique ou chlorhydrique étendus, il se dédoublerait en glucose et en digitaliné insoluble, laquelle digitaline, soumise encore à l'action des acides, se dédoublerait de nouveau en glucose et en digitalirétine, nommée aussi paradigitalétine. Cette digitalirétine se décomposerait ultérieurement, par l'action prolongée des acides, en digitalirétine déshydratée et en quatre molécules d’eau.
Que faut-il penser de la digitaline de Kosmann ? — Nous croyons, et cela d’après les recherches de M. Houdas sur la digitaléine, de M. Bardet sur la digitaline cristallisée, de Schmiedeberg sur les principes actifs de la digitale, que la digitaline soluble de M. Kosmann ne peut être qu'un mélange de digitaléine et de digitonine, mélange que Schmiedeberg appelle digitalines solubles.
I est donc imutile de conserver tous ces noms, qui ne servent qu'à jeter la confusion dans un sujet si complexe. |
Parmi les principes définis extraits de la digitale, il nous reste à parler de la digitaléine.
(4) Kosmann, Journ. de pharmacie et de chimie, t, XX, p. 427.