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DIGITALÉINE
La digitaléine francaise, en Allemagne digitaline, a sensiblement pour formule, C*H°0* (1). Homolle et Quevenne avaient signalé sa présence dans les feuilles de digitale (2). Nativelle l’avait obtenue impure et lui avait donné son nom de digitaléine (3). Schmiedeberg lui avait assigné à peu près la formule de M. Houdas (4).
Walz, Goërz, Kosmann l'ont aussi étudiée, et chacun lui a donné un nom différent (5).
M. Houdas nous dit, dans un mémoire présenté à l'Académie de Médecine en janvier 1891, que les digitalines solubles
-de Schmiedeberg sont constituées en majeure partie de digi-
taléine. C’est la raison qui lui fait rétablir le nom de digita-
léine donnée par Nativelle.
1° Mode d'extraction. — Les principes solubles dans l'eau obtenus dans la préparation de la digitaline sont traités par l’alcool absolu. Et, suivant les indications de Schmiedeberg, on précipite la solution par de l’éther, mais en ayant som de fractionner les précipités un grand nombre de fois. Dans tous ces précipités, on peut retirer un même corps cristallisé,
(4) Les Nouv. rem., huitième année, 1892, p. 7.
(2) Homolle et Quevenne, Journ. de pharm. et de ch., t. vit, p. 57,
(3) Nativelle, Journ. de pharm. et de chim., {. xx, p. 81.
(4) Les Nouv. rem., 1893.
(5) Kosmann, Journ. de pharm. et de chim., {. xx, p. 427.— Walz: Jahresb. f, prakt. Ph., t. x1v, 20.
identique à celui fourni par la partie insoluble dans l'alcool absolu (1).
2 Propriétés physiques et chimiques. — La digitalémne est en cristaux incolores. Si à une solution aqueuse de digitaléine, on ajoute un alcool de la série grasse, on obtient une combinaison cristallisée d'alcoo! et de digitaline hydratée. La solubilité de ces cristaux est en raison javerse du poids moléculaire de l'alcool employé.
Les phénols semblent se comporter comme les aleools.
A 110", la digitaléine cristallisée dans l'alcool ordinaire perd son eau et son alcool.
La iumière polarisée est déviée à gauche de — 49,95.
Chauffée, la digitaléine n'éprouve pas dé fusion bien nette ; vers 250° elle s’agglomère, se boursoufle vers 270° ; à 280°, est complètement caramélisée.
Le tannin, l'acétate de plomb ammoniacal, la précipitent. L'acide chlorhydrique à froid la dissout sans coloration. L'acide sulfurique étendu de son volume d’eau, donne une coloration jaunâtre à froid qui passe au rouge, puis au noir sous l’action de la chaleur.
L'action des acides dilués donne deux nouveaux glucosides sans mise en liberté de glucose. Une solution de digitaléine dans l'acide sulfurique au millième, abandonnée depuis le 30 juillet 1890, ne donne pas trace de réduction avee la liqueur de Febhling, bien qu'elle ne contienne plus de digitaléine non décomposée (2).
3° Que faut-il penser de là digitaléine ? — L'après Schmie-
(4) Les Nouv. rem., 1892, p. 8.
(2) Les Nouv. rem., 1899, p. 40,
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deberg et Flückiger (1), la digitaléine représente la majeure partie des principes actifs de la digitaline allemande, qui est en grande partie soluble dans l'eau, et pourrait être employée, à l’occasion, en injections sous-cutanées, dissoute dans parties égales d’eau et de glycérine à 1 p. 010. D'après les mêmes savants, elle n'aurait pas d'action irritante locale.
Pour M. Bardet et M. Houdas, c'est un corps déterminé, mais dont l'action physiologique n’a pas encore été étudiée (2), dont l’activité est incomparablement plus faible que celle de la digitaline.