Droit politique et parlementaire, 1902, p. 26, Pierre
puis le texte votée par elle fut transmis au Sénat; on suivit en somme la procédure des projets de loi.
Telle est donc la procédure de la revision et voilà à qui appartient l'initiative de la proposition de revision. On voit par tout ce qui précède que la procédure est des plus simples, aucune, complexité, aucune entrave, l'urgence même pouvant toujours être réclamée. Pour l'initiative, elle ne peut être plus étendue, chaque représentant du peuple ayant le droit d'apporter à la tribune de la Chambre ou du Sénat une proposition de revision, mais il ne suffit pas que chaque élu de la nation puisse faire entendre sa voix, si tout un ensemble de formalités viennent trainer en longueur ou même étouffer tous les projets naissants, et c’est pourquoi en France il n’est demandé par notre Constitution que le nécessaire, l’essentiel, deux résolutions, l’une de la Chambre, l’autre du Sénat, afin que l'on arrive au plus vite à satisfaire à la volonté de la nation, et ce n’est pas tout, car, s'il est requis une majorité trop forte, il faudra encore bien des luttes et des combats avant que l’on puisse reviser la Constitution, et aussi chez nous, nos législateurs de 1875, désireux d'une revision aussi facile que possible, n’ontils demandé que la majorité absolue des voix et pour les deux résolutions des Chambres et pour le vote de l’Assemblée nationale constituante. « Les Chambres auront le droit à la majorité absolue des voix... de déclarer qu'il y a lieu de reviser les lois constitutionnelles.
Les délibérations portant revision des lois constitutionnelles en tout ou en partie, devront être prises à la
res
majorité absolue des membres composant l’Assemblée nationale. »
A la vérité, pour un pays vivant sous le régime des Constitutions rigides, pouvait-on élaborer une revision de la Constitution plus facile que la nôtre!