‹ Étude Sur La Facilité De La Révision De Notre Constitution De 1875Chapitre 44 sur 46 · SECTION G · texte numérisé non relu

SECTION G

Le comte de Paris était allé en août 73 à Frodshorff saluer en M. le comte de Chambord le chef de la Maison de France; après lui, tous les princes d'Orléans vinrent le reconnaître comme tel. Après cette déclaration solennelle, on eût pu croire à la fusion véritable et définitive, à des concessions mutuelles, il n’en était rien; le comte de Chambord ne voulait point abdiquer son drapeau blanc, les princes d'Orléans, bien qu'ayant fait leur soumission aux yeux de tous, ne pouvaient d'un seul coup étouffer tout leur passé et d’ailleurs leurs fidèles ne les auraient pas suivis, leurs fidèles les auraient désavoués ; comme dit M. Hanotaux, ce fut une réconciliation, ce ne fut pas la fusion.

La fusion ne devait jamais venir; aussi, désespérant de la cause du comte de Chambord et ne voulant rien tenter contre lui, les princes d'Orléans étaient devenus Mac- Mahoniens. « Nous sommes tous Mac-Mahoniens, » avait dit le prince de Joinville. Le gouvernement du Maréchal dirigeait les affaires en quelque sorte par intérim, parce que le roi ne pouvait venir ou ne le voulait à cette heure. On prorogea les pouvoirs du Maréchal pour sept ans. En sept ans... peut-être ?..

A la fin de l’année 1874, à propos des lois constitution-

nelles sur la Chambre haute, tombait le ministère du duc de Broglie. M. Thiers était vengé. Le due de Broglie tombait sous les coups de l’extrême-gauche et de l’extrême-droite.

«Je vous dirai, dit M. de Carayon-Latour, que le Maréchal est fatigué, obsédé du duc de Broglie, et qu'il regardera comme un service d'en être débarrassé!. » Le duc de Broglie renversé, les partis républicains de l'Assemblée vont avoir beau jeu, c'était le premier homme du parti monarchiste, une fraction de ce parti, la fraction légitimiste, l'avait frappé, elle ne s'était pas rendue compte qu'elle s'était poignardée elle-même. Le duc de Broglie à bas, on peut dire que toute espérance monarchiste a vécu ; les royalistes n’ont plus d'hommes.

A l'extérieur, l'Allemagne et l'Italie continuent leur campagne contre la France conservatrice, on parle encore et parfois sérieusement de la guerre, et on en parlera encore et sans jamais qu'elle éclate, car l'Allemagne sent trop bien qu'elle aurait l'Europe contre elle, qu'on ne la laisserait pas agir. La reine Victoria à la fin du printemps avait écrit directement à l'empereur Guillaume, l'Empereur d'Autriche avait dit à notre ambassadeur qu'il ne suivrait pas le prince de Bismark et en Russie se dessinait de plus en plus un mouvement en notre faveur. Le général Le FIô nous avait conquis l'Empereur de toutes les Russies.

Le comte de Chambord, après avoir en vain voulu tenter un coup de force avec l’aide du Président de la République, après avoir essuyé le refus du Maréchal de

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