Débats parlementaires. Sénat, Journ. off., 11 juin
Le ministre répondit qu’il était impossible de fixer par voie législative, le chiffre du salaire dans une industrie privée.
De sorte que le sort des fileuses, ne semble pas devoir s’améliorer d'ici longtemps, si on se souvient de la réponse que firent au juge de paix, en 1906, les patrons filateurs de Ganges.
Nous avons établi, chiffres indiscutables en mains, le prix de revient et le prix de vente d’un kilo de soie, (avec la main d'œuvre à 1 fr. 50, en 1906, ils établissaient une perte de o fr. 445 par kilo.). De cette exposé franc et loyal, il est clairement ressorti que 1 fr. 5o était malheureusement le salaire maximum que la filature pouvait payer.
Pour dénouer une crise qui compromet tant d'intérêts dans notre ville, pour éviter une prolongation de chômage à la population ouvrière si laborieuse et si intéressante que sont nos fileuses, nous avons accepté de faire un sacrifice qui, nous l’affirmons, nous sera très lourd : nous avons offert de porter à 1 fr. 60 la journée de dix heures. C’est l'effort maximum que nous puissions faire, nous l'avons prouvé. Il nous est maintenant impossible d’aller au delà... »
Il est vrai que le salaire n’est qu’ « une des faces « de la vie du travailleur : l’autre face c’est le travail. « L'amélioration de son sort peut dépendre aussi « bien d’une diminution de peine que d’un accrois- « sement de revenu... La vie professionnelle n’est « pas tout: la vie de famille, la vie civique, la vie « intellectuelle veulent du temps aussi (1) ».