Prix de la campagne
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mai — ou le retour du froid ou de la neige sur les hautes montagnes du Gard ou de la Drôme suffisent pour faire diminuer dans de notables proportions le nombre de cocons.
De plus, le ver à soie est sujet à de nombreuses maladies qui se propagent si facilement qu’une seule d’entre elles suffit pour détruire entièrement une éducation. L’épizootie qui sévit vers 1860 inspira des craintes si sérieuses pour l’avenir de la sériciculture qu’en 1865 le ministre de l’Agriculture chargea Pasteur d’aller sur place en rechercher les causes.
L'illustre savant dénonça la routine des éleveurs et indiqua d’après quels principes généraux il fallait conduire une éducation de vers à soie
Les observations de Pasteur donnèrent tout de suite les résultats les plus satisfaisants. On pouvait espérer que les années d’abondance et de prospérité qu’on avait connues de 1846 à 1852 où la récolte moyenne avait élé de 24.254.000 kilos de cocons, allaient revenir. Tandis qu’en 1865, la récolte atteignait à peine le chiffre de 3.800.000 kilos de cocons, de 1870 à 1875, elle s'élevait à 10 millions.
Malheureusement ces années de crise avaient amené beaucoup de paysans à arracher les müûriers. Puis se manifesta un engouement irraisonné pour la culture de la vigne qui fit délaisser la sériciculture par nos populations méridionales.
A l'heure présente, on peut cependant espérer
qu’en face des déboires que la viticulture a causés au cours de ces dernières années les paysans cévenols se décideront à comprendre que la sériciculture est une production agricole qui n’a pas comme la viticulture à craindre la mévente.
Et puis aussi la protection qu’ilstrouvent dans la loi de 1909 les fera peut-être revenir à la culture du mûrier.
L'article premier de cette loi alloue aux sériciculteurs pour une durée de vingt ans une prime de ofr. 60 par kilo de cocons frais. Cette mesure devrait vaincre l’'hésitation qu'ont toujours montré les paysans à employer leurs minimes ressources dans les frais d’une plantation de mäûriers. Ce n’est pas du reste sans quelque raison, car cet arbre n’a une production rémunératrice qu'après dix ou quinze ans. Désormais, l’agriculteur est donc assuré de tirer profit de son entreprise.
L'intervention des pouvoirs publics se manifeste encore d’autres façons non moins heureuses.
Le ministère de l'Agriculture encourage la création de pépinières pour la sélection des plants, et les plantations de mäûriers nains dont la feuille est abondante alors que l’arbre est jeune encore.
La Chambre de commerce de Lyon a même, en 1906, envoyé en Chine une mission pour rechercher le moyen d’acclimater en France un arbre nouveau, susceptible d’être substitué au mûrier, et demandant moins de temps que lui pour devenir productif.
Enfin, à l’imitation de l'Italie, le gouvernement français a créé des stations séricicoles. À Alais depuis 1865, à Montpellier depuis 1874 il y a des chaires de sériciculture d’où nos savants et nos spécialistes prodiguent leurs conseils aux rériciculteurs et vulgarisent les bonnes méthodes d'élevage. Aubenas, dans l'Ardèche, possède une magnanerie école depuis 1881, et Manosque dans les Basses-Alpes avec Alais dans le Gard sont deux stations séricicoles. Enfin, un décret du 26 avril 1907 a organisé un service du contrôle du grainage.Les graineurs ont la faculté de soumettre leurs établissements à ce contrôle qui garantit la qualité des graines vendues.
Ces innovations ont donné les meilleurs résultats : la production de l’once de graines en cocons frais a encore augmenté durant ces dernières années.
Depuis Pasteur, une once de 25 grammes de graines donne plus de 4o kilos de cocons, tandis qu'avant 1870 la même quantité de graines produisait à peine 25 kilos de cocons.
Le rendement moyen en cocons frais d’une once de 25 grammes de graines a été en :
1904... 42 kgr. 69 1907... 44 kgr. 63 1905... 42 kgr.76 1908... 44 kgr. 89 1906... 42kgr.24 1909... 44 kgr. 83
Cependant, la production totale n’augmente pas.
La production des dix dernières années s’est élevée aux chiffres suivants :
Années Cocons frais récoltés Le NE DRE TN 6.893.033 kgr.
D rentree ue 6.993.339 — RO a nie anse 9.180.404 — ST NE ER AT TR EE 8.451.839 — TON RME Ts eee 7.287.541 — OO rene se 5.985.481 — PE ES ee REP ER 7.825.485 — OO Ne drames 8.009.398 — FOOD RTE San mn TT certe 7.520.471 — MORTE RTE Lt 2. 8.396.201 — LDOB A ie 8.409.299 — LODOLRE SAME eve 8.435.728 —
On voit par les chiffres du tableau ci-dessus que les récoltes françaises, à part les légères variations dues au plus ou moins de réussite d’une année à l’autre, ne progressent pas; elles se maintiennent au tour de 8 millions.
Il n’est pas étrange qu'il en soit ainsi puisque la quantité de graines mises à l’éclosion en France n’a pas varié sensiblement depuis plusieurs années et que le nombre de sériciculteurs diminue.
La quantité de graines mises à l’éclosion s’est élevée en :
Années Onces
RO ER RS eee eue 184.980 RE DE AR TD D 182.945 TOO Le Dent con sie 205 584 TOUR PL M ea dr r ae 205.174 ÉOO D ee liee Sd rr et ruse 198.427 RENE Re ROM RENNES RE E 182.712 OR D ei den ces seat 183.443 ÉUOD ee din 2 Dee eo 189.279 LUDO En eos cree 178.303 OO En ie vise et 188.360 TOO TR Er Ge ue à orme re ie 187.073
Quant au nombre des sériciculteurs : il était en :
Ces chiffres sont la preuve indiscutable que le zèle séricicole s’affaiblit. Aux causes de cet affaiblissement que nous avons déjà signalées vient s'ajouter encore une autre cause plus générale et qui n’affecte pas seulement la sériciculture.
Les campagnes, c'est un fait remarqué depuis
longtemps, se dépeuplent. Or, la sériciculture est une des branches de l’agriculture où les machines ne peuvent suppléer au manque de bras.
Voilà pourquoi un des effets de l’émigration vers les villes ou les bas pays est la disparition des grandes éducations.
Il faut pour que la sériciculiure ne continue pas à péricliter : une production intensive par éducations très petites mais très nombreuses. Il faut que les éleveurs cessant de suivre leur routine s'appliquent à obtenir des graines saines, et enfin que de grandes plantations de mäûriers fournissent aux éducations toute la feuille dont elles auront besoin.
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